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Présentation de l’éditeur :

Stephen, aujourd’hui pasteur, revient sur les lieux de son enfance, au chevet de sa mère mourante, mais aussi afin de reprendre place au sein d’une communauté qui a tant compté pour lui. A Sawgamet, ville champignon fondée dans les forêts du Nord par son grand-père un demi-siècle plus tôt, le froid est si intense pendant l’hiver qu’il brise le verre des thermomètres et la magie des bois est plus à craindre que les dangers du travail de bûcheron. Stephen retrace l’histoire de son grand-père Jeannot et de sa femme bien aimée Martine, la façon dont ils se rencontrèrent et s’aimèrent… Mais à Sawgamet, il y eut aussi la tragique disparition de son père et de sa jeune sœur, emportés sous la glace, lorsqu’il était enfant. Les bois de Sawgamet entraîne le lecteur dans un monde merveilleux et plein de tendresse, où les sorcières des bois et les caribous d’or côtoient des chiens qui chantent, où les vivants et les morts se séparent et se retrouvent dans la beauté stupéfiante de l’hiver.

Je ne crois que j’aurais autant apprécié ce roman si je n’avais pas lu Il pleuvait des oiseaux et les premiers tomes de Magasin général… (et je pense aussi à Pas facile de voler des chevaux), j’y ai sans doute puisé un goût (oh tout livresque, ne nous emballons pas) de la vie au fond des bois, de l’hiver, des coupes, de la drave… et des esprits ! Car l’autre grande référence que je ne pouvais évidemment pas rater, c’est le réalisme magique, un peu à la Xavier Hanotte (vous voyez de qui je veux parler…) Oui, Alexi Zentner fait aussi se rencontrer, dans le grand Nord, les vivants et les morts, les fantômes et les pasteurs, un grand-père et son petit-fils, un jeune garçon et ses cousines, et tant d’autres croisements qui traversent le temps avec la légèreté d’un flocon.

C’est en veillant sa mère mourante que Stephen laisse remonter les fantômes du passé, alors qu’il a décidé de revenir s’installer à Sawgamet avec sa femme et ses filles. Il se souvient… de son père et de sa jeune soeur Marie, de leur mort tragique… du retour de son grand-père Jeannot un an après le drame… Jeannot, le pionnier de Sawgamet avec son chien Flaireur, qui revient lui-même chercher sa propre épouse Martine… Stephen se souvient de toutes ces histoires marquées de violence et de magie que lui racontait Jeannot et qu’il conte lui-même à ses filles désormais. Car c’est un roman de transmission que nous livre Alexi Zentner, un roman profondément masculin où les femmes ont une présence forte, une empreinte à la fois profonde et légère, comme des pas dans la neige.

Si les morts intranquilles réclament le repos, si les fantômes et les sorcières font parfois peur, le plus important c’est le lien qu’ils créent avec les vivants, un lien qui passe par les objets, une hache, une lumière sous la glace, des reflets dorés sur les arbres, des cornes de caribou… Cette histoire de Grand Nord, de neige, de magie, de forêts, de vie rude est une histoire d’amour, une histoire d’attachement à ses racines, à sa famille. Un roman profondément émouvant.

« Je ne suis pas comme mon grand-père – je n’ai pas la foi, ni la force, qui me permettrait de réveiller les morts – mais j’en suis arrivé à croire ce en quoi ma mère a commencé à croire peu après que mon père et Marie furent passés à travers la glace du fleuve : les souvenirs sont une autre façon de réveiller les morts. » (p. 280)

Alexi ZENTNER, Les bois de Sawgamet, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie-Hélène Dumas, Editions JC Lattès, 2011

Sandrine et Kathel ont beaucoup aimé aussi, je pense que je vais m’acheter le poche (puisque j’ai emprunté celui-ci en bibliothèque et j’attends avec impatience de tomber sur le deuxième roman traduit de l’auteur !

Petit Bac 2014

(Matière)

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