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Quatrième de couverture :

« Les mots me font signe qu’ils ne veulent pas sortir. Ils ont dressé une barricade au fond de ma gorge, ils sont massés là, en embuscade. Fichus mots, vivants et prometteurs, qui se dérobent lorsqu’on veut les enrôler à notre service. »

Françoise Guérin nous emmène au plus profond des âmes, en des lieux inhospitaliers où, souvent, la parole est manquante, avortée ou muselée. Et pourtant, le mot est là, prêt à poindre, fulgurant, étonnant, inespéré… mot qui compte double.

Les mots.

Les mots étouffés, à moitié dits d’une séance de psychanalyse.

Les mots qui trahissent.

Les mots qui accompagnent. Les non-dits.

Les mots crachés comme ‘eau du robinet.

Les mots impossibles des enfances cassées et des blessures inavouables.

Les mots d’un groupe de parole d’A.A.

.Les mots qui tournent en boucle dans la tête folle.

Les mots de la Parole de Dieu qui te surveille.

Les mots transmis de génération en génération.

Les mots qu’on collectionne.

Les mots solidaires.

Les mots qui blessent.

Les mots qui gavent.

Les mots d’amour qu’on n’a jamais dits ou reçus.

Les mots. Françoise Guérin en connaît sans aucun doute un bon rayon puisqu’elle est passionnée d’écriture depuis l’enfance et qu’elle anime des ateliers d’écriture. On dirait qu’elle ne cesse de se nourrir de rencontres, d’humanité, de vécus ordinaires et qu’elle restitue les histoires des uns et des autres avec justesse et acuité. On sent d’emblée qu’elle a l’intelligence du coeur, qu’elle aime nous raconter ces histoires de gens tout simples, souvent très discrets ou abîmés par la vie. Son regard se pose sur les choses et les gens avec intelligence et acuité et sa plume ne craint pas de se tremper dans l’humour noir pour faire passer la pilule des mots qui font parfois si mal.

Parmi ces seize nouvelles, parfois très courtes, j’ai particulièrement aimé Je serai là jusqu’au bout, où un homme en fin de vie se remémore son histoire polonaise qu’il n’a jamais racontée à ses filles, Les uns par les autres, qui m’a ouvert un peu les yeux sur la réalité vécue par les malades alcooliques (et Dieu sait que c’est difficile de me faire plier un peu sur le sujet), Le (délicieux, irrésistible) goût du péché et Tu verras, au goût de soleil Solex et d’espoir abricot. Mais tous les textes de ce recueil sont intéressants, parfois construits de façon implacable pour nous amener à une chute plus ou moins prévisible, parfois écrits sur un mode plus sensible, plus intimiste.

Ce recueil nous invite à ouvrir les yeux sur nos semblables, sur les gens qui rasent les murs, qui attendent en silence, qui ne comprennent pas ce qui leur arrive, qui, sous leurs dehors de loques, gardent une petite étincelle qui ne demande qu’à jaillir. Il suffit d’un mot…

Françoise GUERIN, Mot compte double, Quadrature, 2007

Le blog éponyme de l’auteur

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