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Présentation de l’éditeur :

Jack London et Riff Reb’s partagent le même talent de conteur. L’un use de sa plume, l’autre de son pinceau, pour raconter et mettre en scène aventure et esprit pour notre plus grand plaisir.

Après un naufrage, Humphrey Van Weyden, un gentleman fluet, est recueilli puis enrôlé de force comme mousse par Loup Larsen, un terrifiant capitaine de goélette, buveur, violent mais très cultivé.
Ce capitaine, athée, éprouve peu à peu une sorte d’estime teintée de mépris pour Humphrey, à l’inverse, très religieux :  « Si vous savez que quand vous mourrez, vous irez dans un monde meilleur, alors, pourquoi avez-vous peur de mourir ? »
Ainsi naissent les premières joutes verbales – pleines d’humour et d’esprit – qui rythment ce passionnant récit d’aventure, et qui redoubleront à l’arrivée d’une jeune femme, un futur enjeu pour ces deux hommes.

Pfiou ! Quelle BD ! J’en suis sortie avec le tournis, à la fois à cause des tempêtes qui rythment les pages et à cause des gueulantes de Loup Larsen qui vous impose sa force physique dans ce roulis !

La présentation de l’éditeur le laisse présager : on est ici en plein roman d’aventures, en plein roman d’initiation aussi, celle de Humphrey Van Weyden que Loup Larsen kidnappe en quelque sorte pour l’obliger à devenir un homme, à « marcher sur ses propres jambes, pas sur celles de son père ». Loup Larsen porte quand même bien son nom : c’est un capitaine terrible, qui n’hésite pas à recourir à la cruauté envers ses marins. Mais le géant a deux failles, si je puis dire : il est affligé d’affreuses migraines et il a des lettres. Je ne peux m’empêcher de penser au poème de Baudelaire sur le goéland : « ses ailes de géant l’empêchent de marcher… »

Le roman graphique, adapté du roman de Jack London, se veut sans doute un hommage à l’écrivain, la préface de Riff Reb’s et la quatrième de couverture, faites de citations et de références philosophiques de l’auteur de L’appel de la forêt, nous le font comprendre aisément : on dirait que l’auteur bourlingueur aux cent métiers se retrouve à la fois dans le personnage du capitaine Larsen et dans celui du critique littéraire Van Weyden.

C’est aussi toute la vie d’un bateau de chasse au phoque dans l’Océan Pacifique qui est montrée ici par Riff Reb’s à travers un dessin splendide, qui roule la goélette à fond d’océan et transcrit les « gueules » de marins, les coups de vent, le brouillard, les claquements de voile, les petites et grandes intrigues de la vie à bord avec une maîtrise époustouflante. C’est son choix de couleurs qui donne une patte particulièrement originale à son dessin assez classique : chaque chapitre est décliné dans une seule gamme de couleurs, le rouge, le rose, l’orange, le vert, le bleu, le bronze, qui créent une ambiance vraiment spéciale (j’adore évidemment le bleu des nuits étoilées sur la mer !) De temps en temps, une double page en noir et blanc fait apparaître Le Fantôme (c’est le nom de la goélette de Larsen, ça ne s’invente pas) dans toute sa force et sa fragilité à la fois.

Pas étonnant que ce beau roman graphique ait reçu le premier Prix BD de la Fnac.

Riff REB’S, Le Loup des mers, Collection Noctembule, Editions Soleil, 2012

Mango ne peut plus assumer les mercredis BD, quel dommage. C’est grâce à elle que je me suis motivée à lire des BD et je la remercie pour toute l’énergie et la rigueur qu’elle a consacrées aux récaps hebdomadaires (même si je n’étais pas une assidue). Mais il sera encore question de BD ici, bien sûr !

Petit Bac 2014

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