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Présentation de l’éditeur :

Des grands personnages qui ont façonné le XXe siècle, Churchill apparaît comme le plus sûr de son destin et de son génie. Pas une once de doute chez ce fils de famille, célèbre à vingt-cinq ans, tour à tour officier, aventurier, journaliste, ministre, écrivain, peintre… Jusqu’à l’apothéose de la seconde guerre mondiale, qui en fera de son vivant plus qu’un homme d’Etat : un mythe.

Pourtant, ce touche-à-tout égocentrique et généreux, cynique et rêveur, fantasque et indomptable, cachait un secret, une blessure intime que nous dévoile, d’une plume éblouissante, le journaliste et écrivain Frédéric Ferney : le mépris absolu dans lequel le tenait son père.

Ce père trop tôt disparu, Winston cherchera toute sa vie à l’épater et à lui donner tort. En faisant revivre les grands moments d’une existence menée au galop, cette traversée d’une vie extraordinaire explore l’insondable lien entre un père et un fils.

Attirée par la figure tutélaire de Winston Churchill, j’ai demandé à lire ce livre qui n’est pas une biographie à proprement parler : il revisite différents épisodes de la vie d’une des figures marquantes du 20e siècle que Churchill a traversés, vécus en pensant toujours enfin gagner l’estime de son père, être à la hauteur selon les critères méprisants de Lord Randolf.

Enfant délaissé par un père hautain et une mère frivole, élève médiocre, Churchill trouvera sa voie dans l’action militaire quand il gagnera les rangs de l’académie militaire de Sandhurst. Soldat, journaliste, Winston se lancera dans l’action en Inde, en Afghanistan, en Afrique du Sud dans la guerre des Boers, en Egypte et au Soudan, l’action, seule arme qui le sauve du « Black Dog », cette dépression qui colle à la lignée des Marlborough dont il est le descendant. Quand il n’est pas dans l’action, Churchill boit, jardine, peint (à la fin de sa vie), s’ennuie, il boit – vraiment beaucoup -, il s’ennuie, il s’ennuie, il s’ennuie et nourrit son « Chien noir ». Heureusement, il trouve toujours l’occasion de rebondir et s’abîme dans l’action, avec un pragmatisme enthousiaste et débordant, insupportable parfois, et une pensée visionnaire qui dérange souvent.

C’est le cas lors de la première guerre mondiale, qu’il débute comme premier lord de l’Amirauté. Dans les années précédant la guerre, il a tenté de faire équiper le mieux possible l’armée britannique, comprenant avant tout le monde l’importance d’un armement moderne. En 1915, les généraux anglais espèrent un coup décisif en attaquant l’empire ottoman dans les Dardanelles. La bataille navale puis terrestre est un désastre dont Churchill portera la responsabilité (on le dédouanera plus tard en démontrant que les chefs de l’armée étaient très mal renseignés et se sont engagés à la légère). C’est la guerre qui le sauvera en 1916, en lui offrant un commandement en Flandre : aussi étonnant et choquant que cela puisse paraître, la guerre redonne de l’énergie à Churchill – tout au long de sa vie, il aurait pu mourir cent fois et a toujours échappé à tout – et là aussi, son pragmatisme lui fait chercher ses solutions pour améliorer la vie et le moral de ses hommes.

Evidemment, c’est la seconde guerre mondiale qui lui donnera le statut – la statue – de héros qui peut définitivement donner tort à son père. Quoique… Toute sa vie, le vieux lion a été fidèle à la figure paternelle, rédigeant dix ans après sa mort une biographie en forme d’hagiographie et allant jusqu’à mourir à la même date que le père tant craint.

L’auteur, Frédéric Ferney, l’explique lui-même à la fin de son ouvrage, il n’a pas écrit une biographie de Winston Churchill : « Je n’excuse pas sa violence ni ne méconnais tous les coups tordus qu’on lui prête. Je ne le défends pas, il est indéfendable ; je l’écoute, je m’efforce d’entrer dans son âme. Je ne suis pas son avocat, je suis son scribe. » La figure de l’homme d’Etat n’en ressort pas diminuée, au contraire, puisque le récit de sa vie se focalise sur une quinzaine de moments importants, laissant dans l’ombre tout ce qui se passe entre les deux guerres par exemple, et que le choix de lire la vie de Churchill sous l’angle de la relation au père ne peut qu’expliquer, au minimum, voire justifier les failles du fils. Mais bon, le tout peut avoir un parfum d’incomplet… et je n’ai pas compris pourquoi les chapitres débutent tous par un passage plus ou moins long en italique. Si ce sont des citations, on ne comprend pas d’où elles sortent.

Heureusement aussi que j’avais en tête un documentaire chronologique sur Churchill, car ici, la temporalité est éclatée et on attend longtemps avant de savoir qui était exactement ce père, Lord Randolf Churchill. Mais cela n’a rien enlevé à l’intérêt de la (re)découverte et au plaisir de lire un livre qui raconte bien les épisodes de la vie de ce grand homme.

Frédéric FERNEY, « Tu seras un raté, mon fils ! » Churchill et son père, Albin Michel, 2015

Merci à Delphine et aux éditions Albin Michel pour l’envoi de ce livre !

Projet Non-Fiction avec Marilyne

 

 

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