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Présentation de l’éditeur :

Au cours de l’été 1980, Gesine Auffenberg se rend au Soudan pour un voyage au gré de ses errances intérieures… En train ou à cheval, nouant avec l’animal une relation privilégiée, elle traverse habillée en homme ce pays, ses paysages hostiles ou fascinants, ses déserts et ses maigres oasis. Un périple extrême dans un monde qui lui est totalement étranger, mais où elle apprendra la beauté fugace ou éternelle des lieux et des êtres, tout comme les affres de la malaria, la soif et la faim. Fous, saints, lépreux, tous les déchus de la Terre défilent bientôt devant ses yeux.

Livre unique de l’auteur, Je bois le vent rappelle les fulgurances de la correspondance de Rimbaud, tant Gesine Auffenberg possède l’art de dire l’essentiel en peu de mots.

Voilà un récit « étrange et pénétrant », un récit de voyage original qui m’a d’abord fortement surprise par ses phrases courtes, limite plates, où la narratrice, Gesine Auffenberg, semble énumérer de façon purement factuelle ce qui fait la trame de ses journées au Soudan. Il ne faut pas non plus chercher de repères géographiques et historiques précis dans ce récit, mais se laisser prendre petit à petit, se laisser guider par les impressions, les sensations, se laisser imprégner par les images, en un mot ouvrir nos sens à la suite de l’auteure pour un voyage qui semble presque immobile dans sa répétitivité.

Tenter d’apprivoiser le petit cheval surnommé Ayn (miroir), se laisser guider par lui jusqu’aux points d’eau. Accepter le soin des mains secourables contre la fièvre et le délire. Errer dans le désert. Compter sans y penser les années de guerre. Etre noyé de chaleur. Se rafraîchir dans le petit monastère de soeur Teresia. Ecouter les histoires, les contes de la steppe. Accepter les offrandes de nourriture, s’ouvrir au partage. Etre à l’écoute de soi et sentir le moment venu de repartir. Et recevoir alors tout ce que la vie peut offrir de rencontres.

Il me semble qu’au fur et à mesure que Gesine s’adapte au désert, découvre ses rares habitants, son style gagne en intensité, en richesse. Et c’est bien sûr cela qui rend son récit si envoûtant, si touchant dans sa simplicité.

« Il a un chapelet. Il fait ruisseler les perles entre ses doigts. Chaque perle, un mot, toujours le même mot. Les mots tombent, tels des flocons et se posent sur la pensée. Les pauses deviennent des surfaces blanches, rafraîchissantes. Il doit être agréable de pouvoir rester là. Dans  des espaces vides qui sont plus vieux que la douleur. » (p. 51)

Gesine AUFFENBERG, Je bois le vent – Un singulier voyage au Soudan, traduit de l’allemand par Corinna Gepner, Phébus, 2014

Projet Non-Fiction avec Marilyne

Merci, Mina !

Ce livre, que je chronique seulement maintenant, est le premier que j’ai lu en 2015. J’ose croire que son originalité augure une année de lectures variées, un peu différentes, une année d’exploration et de voyage à travers des histoires et des maisons d’édition originales… (avec bien sûr des retours en terre confortable, je ne saurais m’en passer…)

 

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