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Présentation de l’éditeur :

Assassiner Don Juan : n’était-ce pas la seule solution pour l’empêcher de nuire ? Incarné par le baryton Pietro Luigi lors d’une représentation exceptionnelle au célèbre festival de Glyndebourne, Don Juan attire les mélomanes du monde entier dans un cadre bucolique. Pietro Luigi compte triompher sur la scène, après avoir tué le Commandeur ; mais ce dernier ne reviendra-t-il pas de l’au-delà pour châtier le criminel ? Mozartien de longue date, Higgins est confronté au milieu de l’art lyrique où, cette fois, les tensions sont allées jusqu’à un meurtre des plus spectaculaires.

Pour célébrer les 350 ans de la première représentation de Dom Juan, quoi de mieux que de revoir la pièce de Molière (ce fut fait le 1e février dernier), de réécouter Don Giovanni de Mozart et de s’amuser à dénicher des romans contemporains reprenant le célèbre personnage !

C’est le cas avec ce numéro des enquêtes de l’inspecteur Higgins, je ne savais pas du tout que Christian Jacq écrivait une série policière. Et ma foi ce fut une lecture assez plaisante, sans prise de tête (l’idéal pour ce début de congé), mais surtout parce que le Don Juan en question, c’est Don Giovanni, de Mozart (c’est sans doute pour cela que le Don est écrit à l’italienne, avec une N et non une M) et que la représentation se passe à… Glyndebourne ! Le Glyndebourne contemporain, avec son théâtre pouvant accueillir 1200 personnes, mais toujours renommé pour ses productions mozartiennes. Et c’est au cours d’une représentation exceptionnelle de Don Giovanni (bizarrement l’auteur n’utilise jamais le titre original que tout le monde connaît pourtant, mais ce n’est qu’un détail), que Don Juan s’écroule sur scène, avant même que le Commandeur ne l’entraîne dans les flammes de l’enfer !

Le baryton qui interprétait Don Juan était non seulement un baryton médiocre doublé d’un maître-chanteur manipulateur mais aussi un coureur de jupons invétéré, dont les conquêtes lui permettaient d’asseoir son pouvoir à la scène et à la ville. Un vilain monsieur, ce Pietro Luigi, que tous les chanteurs de la troupe avaient une bonne raison de détester et l’occasion de tuer… Sur place, le superintendant Marlow, chargé de protéger le baryton qui avait reçu des lettres de menaces, et l’ex-inspecteur chef Higgins ne seront pas trop de deux pour démasquer le coupable…

Je n’ai pu m’empêcher de penser aux enquêtes d’Hercule Poirot, d’Agatha Christie : Higgins porte la moustache, c’est un homme raffiné dont les bonnes manières lui ouvrent le coeur des plus irréductibles demoiselles anglaises, il fait fi des moyens modernes dont use son ami Marlow et ne se fie qu’à ses notes fidèlement transcrtes sur son petit carnet noir pour mener à bien ses enquêtes. En plus de son chien Geb, il possède un siamois nommé Trafalgar, comment voulez-vous que je reste de glace !! Quant au superintendant, il fait un peu penser à l’inspecteur Japp des enquêtes d’Agatha, et c’est un crack de l’informatique, Scotland Yard vit avec son temps.

L’enquête se déroule sans temps mort, des chapitres courts, efficaces, du suspense, quelques tasses de thé mais surtout du whiskey et du champagne (Higgins n’aime pas le thé… eh oui, cela donnera de l’espoir à certaines personnes… et le champagne coule à flots chez les chanteurs d’opéra qui sont logés et nourris aux frais du manoir de Glyndebourne, le temps que le coupable soit arrêté), des promenades dans le jardin enchanté de Glyndebourne mais aussi des fantômes dans la nuit, des références constantes à l’opéra et des scènes dignes des caprices de divas et de ténors prêts à tout pour arriver à leurs fins… ce petit roman (200 pages qui se lisent à toute vitesse) ne casse pas trois pattes à un canard mais il est vraiment très plaisant !

« – Ridicule, totalement ridicule ! Personne n’a jamais été assassiné sur une scène d’opéra ! Ce médiocre baryton, infatué de son talent illusoire, est décédé d’une banale crise cardiaque ; c’est la critique qui aurait dû l’assassiner depuis longtemps, mais les dons de manipulateur de ce faux jeton lui ont servi à frayer son chemin. Lamentable, j’en conviens ; notre pitoyable société adore les menteurs et les truqueurs. Ce Pietro Luigi était un profiteur, un illusionniste, un coureur de jupons aux moeurs dissolues. Vous me prendrez certainement pour un vieil imbécile, et je m’en moque ! Je prône la morale et a rectitude, et Mozart a raison : criminels et débauchés sont punis par le Ciel. » (p. 48)

Christian JACQ, L’assassinat de Don Juan, J éditions, 2014

L’anniversaire de Dom Juan, un rendez-vous avec Mina. Spécialement pour toi, une version de l’air du champagne sous-titrée en hongrois ci-dessous (enfin ça ressemble à du hongrois ?)

C’est chez Jeanne Desaubry que j’ai découvert ce roman.

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