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Présentation de l’éditeur :

Lulu, mère de famille de quarante ans, sans histoire, a disparu depuis plus de deux semaines, abandonnant mari et enfants à ses amis désemparés.
L’un d’eux, Xavier, a retrouvé sa trace. En une nuit, il entreprend de raconter aux autres ce qu’a vécu Lulu pendant cet étrange voyage : Lulu a quitté sa vie normale en sortant d’un énième entretien d’embauche. Elle n’avait rien prémédité. Ça s’est passé très simplement. Elle est partie avec une femme dont elle ne connaissait rien, et s’est octroyé quelques jours de liberté, seule, sur la côte, sans autre projet que de savourer pleinement, et sans culpabilité, cettevacance inédite.
Presque surprise par sa propre audace, Lulu rencontre de drôles de gens, qui sont, d’une façon ou d’une autre, eux aussi au bord du monde.
Grisante, joyeuse, dangereuse et cruelle, l’expérience improvisée de Lulu en fera une autre femme.

Lulu est toujours en errance. Si son escapade se déroule sur dix-neuf jours, le temps de la narration reste le même : une nuit sur la terrasse de la maison familiale, où tous les amis de Lulu sont réunis.
Mais cette fois, prenant le relais de Xavier, c’est Morgane, la fille de Lulu, qui raconte ce qui est arrivé à sa mère. Lulu a quitté Charles, son camping et ses improbables frangins, mais n’a pas pour autant décidé de rentrer au bercail. Elle poursuit sa quête d’elle-même, ailleurs.
Elle rencontre Marthe, vieille femme solitaire et pétillante, dans des circonstances, disons, explosives. Lulu et Marthe, Marthe et Lulu, une complicité à bien des égards décisive, comme elle est le point essentiel de ce second livre…

Je me réjouissais de retrouver Etienne Davodeau et de découvrir enfin cette Lulu dont on a pas mal parlé sur les blogs et à l’occasion de l’adaptation de la BD en film. Eh bien, je vais faire le vilain petit canard… : j’ai été assez déçue dans l’ensemble… mon billet sera court !

J’ai sûrement un coeur de pierre et je ne connais rien à la vie, mais il me faut avouer que l’histoire de Lulu ne m’a pas convaincue, j’ai du mal à croire à cette prise de liberté d’une femme qui se révèle ensuite bien ballottée par les événements et les rencontres fortuites, incapable de se décider, tentant des trucs désespérés mais pas très crédibles comme d’arracher le sac de Marthe… pour ne citer que ça. J’ai trouvé ça long, même si l’alternance entre le récit de l’escapade de Lulu par sa fille et ses amis et les images des « vacances » en direct permettent de changer le point de vue et de casser ce récit de longs atermoiements. Ecrivant ceci, je me rends compte que Lulu est complètement perturbée par sa propre audace et que cela explique sans doute ses hésitations, ses lenteurs… mais il y a d’autres choses qui ne sont pas très vraisemblables ou trop de coïncidences qui s’enchaînent trop bien… Je ne suis pas parvenue à trouver Lulu sympathique ni attachante.

Côté dessin, les paysages de mer sont magnifiques, les couleurs sont délicates et apaisantes avec ici aussi, un contraste entre les scènes de jour et les scènes de nuit sur la terrasse où les copains reconstituent les frasques de Lulu. Les nombreuses cases horizontales renforcent le sentiment de paix (et peut-être aussi l’ennui ?) Mais la chose vraiment dérangeante, c’est la manière dont Davodeau dessine les visages. C’est un défaut que j’ai déjà remarqué dans d’autres albums, mais ici je les ai trouvés particulièrement affreux, surtout ceux de Lulu, de Marthe et de Tanguy. Cela a peut-être participé de ma difficulté à m’attacher à Lulu. Rencontre ratée…

Etienne DAVODEAU, Lulu femme nue, premier livre et second livre, Futuropolis, 2008 et 2010

 

 

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