Et le baiser qui a suivi
Sous les réverbères, sous la pluie
Devant les grilles du square Carpeaux
Je l’appelle Patrick Modiano

Il y a 13 ans, je fredonnais ces paroles de Vincent Delerm en me disant que je devrais un jour lire ce fameux Modiano. Les années ont passé, mais il n’a jamais croisé mon chemin, jusqu’à aujourd’hui. Comme il est au programme de mon club de lecture, j’en profite pour faire d’une pierre deux coups en vous présentant Dora Bruder et Un pedigree.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre et c’est donc vierge de tout a priori que j’ai abordé ces deux textes. J’ai été touchée par ces récits de quête d’identité. Même si je comprends qu’ils puissent rebuter certains lecteurs par l’accumulation de détails (noms, rues, lieux…).

Dans Dora Bruder, Patric Modiano part sur les traces de cette jeune fille juive, sous l’Occupation, suite à la lecture d’un avis de recherche lu dans un vieux Paris-Soir du 31 décembre 1944. La jeune fille de 15 ans, rebelle, a fugué deux semaines plus tôt. Modiano se rappelle lui-même sa propre fugue 20 ans plus tard. Il imagine Dora dans les rues de Paris, il retrace son parcours, mais aussi celui de son père à lui, Albert Modiano, et ces obscures années qui ont précédé sa naissance.

Dans Un pedigree, Patrick Modiano reviendra sur certains épisodes de sa vie et de la vie son père évoqués dans Dora Bruder. Il nous présente ses parents, « leur rencontre hasardeuse sous l’Occupation », leur absence ; il raconte ses vingt premières années, ses fugues, ses errances, ses larcins pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa mère… jusqu’à la publication de son premier roman.

Il est difficile de parler de ces récits, mais j’ai été touchée par ce questionnement, cette quête de soi. J’ai apprécié aussi la manière dont Patrick Modiano nous présente l’Histoire à travers des vies ordinaires, des destins brisés ou déviés par un contexte qui les dépassent. J’ai été aussi intriguée dans Un pedigree en retrouvant des noms déjà rencontrés dans son roman Rue des boutiques obscures que j’ai lu juste avant ces deux récits. J’ai eu la sensation à la lecture de ces trois textes que réalité et fiction se mêlent en permanence : les faits réels semblent relever du roman (Modiano écrit d’ailleurs qu’il a, un jour, commencé à  « rêver sa vie ») et le roman paraît relevé de la réalité « vraie ». Une impression étrange qui me donne envie d’accompagner à nouveau l’auteur dans sa quête en poursuivant la découverte de son œuvre (couronnée du Prix Nobel l’an dernier, faut-il le rappeler).

Patrick MODIANO, Dora Bruder, Gallimard, 1997 et Folio, 1999

Patrick MODIANO, Un pedigree, Gallimard, 2005 et Folio, 2006

Projet Non-Fiction avec Marilyne

 

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