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Présentation de l’éditeur :

Geneviève Casterman croque un panorama insolite de ce bord de mer atypique. Elle observe, analyse et restitue des moments de vie, entre plages, casinos, immeubles et dunes. Amis, parents, enfants… sont surpris sur les lieux de leurs vacances, jeux, découvertes, exploits ou souvenirs.

Après avoir posé, dans Rue de Praetere, un regard tendre et amusé sur son voisinage, après E 411, qui lorgne les faits et gestes des utilisateurs de l’autoroute reliant Luxembourg à Bruxelles, Geneviève Casterman s’attarde cette fois sur la non moins célèbre côte belge et ses estivants.

Une plongée dans ce qui pourrait bien être le dénominateur
commun des enfants d’hier et d’aujourd’hui.

Ce petit livre fait partie de la collection Accordéons d’Esperluète. Rien que le bleu porcelaine de sa couverture, le croquis et le noeud de toile m’auraient fait craquer mais c’est sans compter le plaisir de déplier les pages qui forment un dessin complet, un peu comme si la digue et la plage s’étiraient devant moi, elles aussi dessinées au crayon gris. Au bas de chaque « page », se déroule un texte en caractères « normaux » tandis que les croquis sont accompagnés de textes plus petits, disposés comme de petits poèmes en vers libres. Les deux types de textes jouent sur les mots, sur les assonances et les allitérations : les bas de page comparent toutes les autres côtes à la côte belge (comme le premier extrait ci-dessous) et les autres évoquent les monuments, les chiens, les gens, le tram de a Côte, les activités propres à la mer du Nord, sur le mode des souvenirs d’enfance.

Je ne vous dis pas le plaisir de découvrir toutes ces évocations, tant écrites que dessinées, qui me rappellent tant de souvenirs liés aux « vacances à la mer ». Il semble que c’est surtout Ostende et peut-êtreLa Panne ou Coxyde qui a inspiré Geneviève Casterman, j’ai reconnu le Casino de Middelkerke, la « promenade d’Ostende », une boutique de location de cuistax, les cabines de plage, une villa perchée dans les dunes… « Parfois, un vent oblique entre toiles et K-way. Les yeux piquent, les pique-niques croquent et y a même pas une petite crique pour s’abriter… » J’ai envie d’y retourner, là, tout de suite !!

Et le dessin… à la fois naïf et très précis, plein de détails qui ajoutent justement à ce sentiment de re-connaissance, de nostalgie, ce sentiment d’être chez soi à la côte belge… La petite pirouette de fin est contredite par cette longue fresque si raffinée et ces perles de textes si évocateurs.

Encore un beau travail éditorial d’Esperluète, je suis totalement conquise !

« Le Cap Blanc-Nez est plus branché, la côte d’Opale est moins banale,
la côte normande plus excitante. La côte picarde est moins ringarde,
la côte d’émeraude plus à la mode la côte du Vent dans l’air du temps.
La côte sauvage est plus fleurie, la côte fleurie est plus sauvage,
la côte d’Azur, ensoleillée,… »

« La mer du Nord, son Mercator, son James Ensor et son rat mort
ses châteaux forts, ses ports, ses phares, ses sémaphores
ses boutiques, ses restaurants panoramiques,
ses Freddy, ses Candys, Melody, ses Jef, ses Jacq, ses Jan, ses Jos,
son Jaco, Mariano, son Arno, San Marino et Marina
et son tram longiligne qui travelling le long de l’eau… »

Geneviève CASTERMAN, Costa Belgica, Collection Accordéons, Esperluète éditions, 2008

Dans ce mois belge, le hasard nous a conduites sur la côte, Mina et moi, à tout le moins au bord de l’eau. Nous y serons jusqu’à mercredi ! Ma complice vous présente aujourd’hui un autre titre d’Esperluète, La nuit, je cherche l’eau, d’Anne de Roo et Dominique Van den Bergh.

A la découverte des éditions Esperluète avec Mina

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