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Présentation de l’éditeur :

Onze nouvelles.

Tout ce qu’une vie n’est pas, parce qu’on a pris d’autres routes, parce qu’on a fait d’autres choix…

Les personnes avec lesquelles on n’a rien tissé, rien construit…

Une déclaration d’amour qui ne se fera pas, le récit de l’absence, une stupéfaction majeure face à la mer du Nord, une voix qui parle pour deux, les traces matérielles du temps écoulé, la métrique des pas, le poids des lettres, les frontières du dialogue : l’exercice de la mélancolie, sans doute.

Michel Van den Bogaerde, auteur notamment du remarquable « Testament des pauvres », publié également chez « Murmure des soirs », signe ici avec brio et élégance une suite de récits inclassables, dont les racines plus ou moins bien cachées au lecteur constituent de manière revendiquée une fiction.

La quatrième de couverture me donne une ou deux clés pour comprendre ce récit qui est resté fort nébuleux pour moi. Je n’ai pas pris La Promenade d’Ostende pour des nouvelles, mais le livre contient deux autres récits de Michel Van den Bogaerde, Toute une vie sans vous et Dialogues pour l’étrangère, que, je l’avoue, je n’ai pas lus, décontenancée que j’étais par le premier.

Un homme va et vient, revient sans cesse sur les pas qu’il a parcourus en compagnie d’une femme aimée sur la promenade d’Ostende (sans doute les galeries royales situées entre le Chalet royal et l’hippodrome). Il refait ce chemin en comptant les pas, les arcades, en guettant les lueurs et les ombres. Parfois il tente d’échapper au souvenir en se forçant à venir de La Panne en tram, il observe intensément tous les petits détails du voyage avant de revenir immanquablement à Ostende, devant l’immeuble de la femme en allée. Mais les souvenirs résistent, ils s’échappent, ils s’envolent au vent qui secoue l’estacade, ils gardent leur mystère.

Mystérieux, nébuleux, ce texte le restera pour moi, même si trois « dépendances » lui apportent trois contrepoints relativement éclairants mais contradictoires : le premier évoque le reportage photographique sur la cote belge d’un homme qui observe nombre de détails (ceux évoqués dans le voyage en tram déjà évoqué reçoivent ci un autre éclairage) et qui s’arrête particulièrement à Ostende ; le deuxième prend le point de vue d’une femme, sans doute « la » femme évoquée par notre narrateur, on dirait qu’elle perd la mémoire et cherche à retrouver elle aussi les souvenirs d’autrefois ; le troisième revient à l’acte d’écrire et de réécrire, créant ainsi une sorte de palimpseste, à l’image de marcher et revenir sans cesse sur ses pas. Je crois que c’est l’objectif principal de l’auteur mais je ne suis pas sûre d’avoir tout compris et cela m’a surtout ennuyée. Dommage…

« Tout commence à Ostende, y finira, y reste, persiste à jamais dans mon regard, sans changer la lumière de la ville.

C’est une promenade, un soir, plus loup que chien, qui commence à l’ouest de la digue.

Nous partons. Immobiles, l’un et l’autre, nous promenons la ville.

L’essentiel est là, au départ, dans le premier pas que nous ferons ensemble.

Inexorablement, il n’y a plus désormais qu’un nombre de pas exact, fini, entre celui-ci et le dernier ensemble, au coin du Quai des Pêcheurs.

C’est une histoire de pas.

J’ai essayé souvent, après, de savoir combien de pas. Le bonheur est un nombre, peut-être le même que l’angoisse.

Les réverbères sont déjà allumés mais n’éclairent rien. Ils gomment pour l’instant les ombres portées du soleil couchant, ils décrypteront peu à peu nos contours en une ou deux flaques noires.

 L’eau, tout à fait présente à la vue, devient petit à petit un bruit de ressac, puis un clapot orange après la jetée.

 C’est une histoire de mer. » (p. 19-20)

Michel VAN den BOGAERDE, La Promenade d’Ostende, Collection Soirs en poche, Murmure des soirs, 2014

Avec ce titre sorti de ma PAL, ce récit termine notre voyage au bord de l’eau entrepris en compagnie de Mina, qui a eu le courage de lire tout le livre mais n’est guère plus enthousiaste que moi.

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