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Quatrième de couverture :

C’est l’histoire d’une furie, de quelqu’un qui s’en va larguer la déveine à l’insu de tout le monde. Il faut partir, courir, jeter le sac entre ville et néant. Le train, pourquoi le train ? Lui seul casse le monde en deux, et la rafale, et le pays trahi. Lui seul ne peut cesser sa course à l’assaut d’une épave.

Je referme ce petit livre avec un goût d’incompréhension, de déception… oserais-je dire de rien, comme le titre ?

Si je n’avais pas été écouter l’auteur présenter son livre, je serais encore plus dans l’absurde, je crois. Je me souviens donc que Françoise Lison-Leroy habite la campagne, pas loin d’une voie ferrée et près de chez elle, elle a découvert une dame sans-abri qui vivait dans un wagon abandonné, qui ne voulait pas ou très peu recevoir d’aide et disait vivre près des rails pour avoir toujours le sentiment rassurant de pouvoir partir, s’échapper. Sur une route de campagne, l’auteur a aussi découvert une stèle, de celles qu’on bricole et plante au bord des routes pour signaler la mémoire d’un accidenté de la route. Souvenir de Pierrot, fragile et léger comme un « pierrot », petit oiseau familier.

La vie d’une personne qui vole en éclat et l’amène à partir, quitter (ou s’arracher) de son ancienne vie, je l’ai devinée dans la première partie, « Il fait bien trop grand pour ma nuit ». La mémoire de Pierrot et la rencontre entre le narrateur (ou la narratrice ?) et la personne qui vit au bord de la voie ferrée, je l’ai retrouvée dans la troisième partie, « Un rieu de rien ». Entre deux, « Un train peut en cacher un autre » égrène des pages où le texte est coupé de barres obliques, forme poétique, épurée, où je me suis perdue et agacée à force d’ellipses. Impossible de construire du sens, de comprendre où l’auteur allait. Et du coup, un peu difficile de relier les trois « morceaux » du texte. Et sans les explications fournies par l’auteur elle-même, je pense que j’aurais eu du mal à comprendre l’ensemble, il y a trop de « blancs » pour moi, c’est trop éthéré.

Les traits de crayon gris et bleu d’Anne Leloup, fins, légers, qui passent de l’abstrait au concret au fil des pages, accompagnent bien ce récit ; il m’a semblé qu’ils étaient autonomes, suivaient leur propre chemin comme les personnages du livre. En ce sens, ils n’aident pas à la compréhension.

Apparemment je suis restée hermétique à ce Pierrot de rien, j’ai donc complètement raté « l’objectif » d’être attentive aux petits riens du chemin, comme l’explique bien l’éditeur sur la page du livre. C’est très frustrant.

C’est vraiment dommage pour cette lecture commune avec Mina, qui vous en parle bien plus positivement que moi.

Françoise Lison-Leroy et Anne Leloup, Pierrot de rien, Esperluète éditions, 2014

A la découverte des éditions Esperluète avec Mina

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