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Quatrième de couverture :

Soit dit entre nous… La série dans laquelle les auteurs, avec le soutien de brillants illustrateurs, se livrent de A à Z sans rien cacher. Confidences, réflexions (im)pertinentes et souvenirs défilent sous vos yeux. Soit dit entre nous, c’est un livre pour vous !

Depuis son roman Ours toujours, paru en 2005, Xavier Hanotte ne cache pas le goût qu’il a pour les ursidés. Nous apprendrons ici qu’il appartiendrait lui-même à cette famille. En tout cas, c’est en tant qu’ours qu’il nous emmène sur la piste des humains et de leurs bizarreries. Ses coups de patte et ses coups de griffe ne sont pas rares ; ses coups de cœur non plus.

Avec des pantomimes de Muriel Logist.

Pas de mois belge sans Xavier Hanotte… ce serait une hérésie ! (Et surtout il m’a fourni une idée de billet non-fiction assez rapide et facile à lire…)

Le voici donc qui se livre sous forme d’abécédaire, exercice que, personnellement, j’aime beaucoup, et dans la peau d’un ours. Et là, ce billet va partir en c… tourner à l’hymne plein d’émotion parce que … qu’est-ce que je me reconnais dans cet animal et dans de nombreuses réflexions de Xavier Hanotte, avec qui j’ai un autre point commun : nous sommes Scorpion tous les deux et, tout comme lui, je ne me reconnais pas du tout certains traits de caractère soi-disant attribués aux Scorpions ! Vous comprenez que mon p’tit coeur de beurre a fondu plus d’une fois à la lecture de ce petit ouvrage agrémenté d’illustrations naïves de Muriel Logist (qui ne m’ont pas vraiment convaincue parce que purement illustratives, elles n’apportent rien de spécial au texte, mais bon… l’intérêt du livre n’était pas du tout là pour moi !)

Xavier Hanotte présente ses traits de caractère et les valeurs importantes pour lui, celles que l’on peut déjà deviner dans ses premiers romans Manière noire et De secrètes injustices :  la lenteur, la timidité, la fidélité, l’honnêteté, l’amitié… Les entrées Flandre et Wallonie sont l’occasion de parler de sa belgitude, une notion qui a bien évolué de réforme en réforme de l’Etat. La nostalgie n’est jamais loin chez l’écrivain… qui, bien sûr, consacre de nombreux mots à ce qu’il ne conseille pas comme un métier : « Ecrire, pour moi, ne saurait être un métier. Je n’écris pas pour vivre. Je vis pour écrire, nuance. » (p. 46) Différentes entrées nous parlent ainsi de l’auteur Xavier Hanotte mais sans tout nous dire, c’est sûr que ce timide gardera ses secrets : l’écriture, la littérature, la guerre,  les lecteurs, la marche à pied qui lui permet de mettre ses idées en forme et de trouver l’inspiration, les rêves qui sont une manière de parler du réalisme magique qu’il affectionne, sa poésie dont les textes sont des romans en prototypes (comme il me l’avait écrit en dédicace de son recueil Poussière d’histoires).

Je ne peux pas dire que j’ai découvert des choses extraordinaires sur mon écrivain chouchou préféré, non que ce petit livre n’ait aucun intérêt mais que l’homme Xavier Hanotte se devine derrière l’écrivain et à travers certains de ses personnages (Barthélémy Dussert, pour ne pas le nommer). Et quelques courtes conversations avec lui dans les quelques occasions où il sort de sa tanière m’ont déjà émerveillée fait deviner le prénom de la « petite dame blaireau » ou révélé son étonnement intact devant le fait que, oui, ses romans ont trouvé des lecteurs ! C’est l’extrait que je vous propose pour terminer ce billet culte. Vous y goûterez comme moi, j’espère, l’auto-dérision et la bienveillance de monsieur Ours Xavier Hanotte.

« LECTEURS

Surtout, ne pas penser à eux lorsqu’on écrit. A vrai dire, ce n’est pas trop difficile. Fidèle à sa nature, l’ours plumitif se passe de public et ne rédige pas ses oeuvrettes dans les cafés à la mode. Bien au contraire, il échafaude ses rêveries littéraires dans les confortables profondeurs de son antre. Le lecteur apparaît plus tard, à l’extrême fin du processus. Et enore, tout dépend du bon vouloir de cet anonye. A supposer qu’il tombe par hasard sur votre marchandise, dans les rayons surchargés d’une librairie ou sur les étals poussiéreux d’un bouquiniste, rien ne l’oblige à s’arrêter. Je suis donc chaque fois surpris.

Pour apprécier mes livres, j’imagine que ce généreux lecteur doit me ressembler un peu. Mes chiffres de ventes pourraient donc fournir une statistique de la population ursidée lisante, hors zoos et parcs naturels. Ce qui tendrait à prouver que, certes en diminution, l’ours européen n’est pas encore tout à fait éteint sous nos latitudes. » (p. 39-40)

Xavier HANOTTE et Muriel LOGIST, Soit dit en passant… Je suis un ours, Le Castor astral, 2012

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