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« Tu voyages avec moi, tu n’es pas encombrant.

Où que j’aille. »

Ainsi commence et se termine ce texte en prose poétique d’Albane Gellé. Un récit d’apprentissage et de compagnonnage : apprendre la perte du « tu » auquel s’adresse le texte, la ressentir dans la vie de tous les jours, pressentir qu’on n’a pas encore tout traversé de l’absence, du manque. Mais marcher, même à pas hésitants continuer à avancer dans la certitude d’une présence légère, intime à ses côtés. Redessiner les contours des paysages, des lieux familiers en apprivoisant cette absence.

Pour accompagner ce voyage, les traits souvent abstraits (je l’avoue, ils me restent souvent incompréhensibles)  d’Anne Leloup dessinent sur la page des formes tantôt fermées, repliées, tantôt ouvertes. On devine des silhouettes, des formes végétales, des traces de pas, parfois appuyées mais surtout très fines, au crayon de bois, une technique épurée qui complète l’impression de légèreté apportée par le texte. Cette luminosité est d’ailleurs exprimée dans le choix du jaune vif qui souligne la couverture de ce petit opus délicat.

« Tu te moques des grandes pluies, tu ne te perds jamais dans les labyrinthes, et tu n’attends pas ton tour au bout des files d’attente. Tu te fais oublier. Pendant que je m’affaire à fermer un manteau, à cueillir des cerises, à seller un cheval. Pendant que je t’écris des livres. »

Albane GELLE et Anne LELOUP, Où que j’aille, Collection Cahiers, Esperluète éditions, 2014

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