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Quatrième de couverture :

« Un homme ne peu rester solitaire, il a besoin de tous les autres hommes. Une phrase unique n’a aucun sens, sans le voisinage de toutes les autres phrases. Une histoire ne saurait exister toute seule, elle n’est belle que si elle croise toutes les autres histoires. »

Fleur et sang entrelace deux destins, deux époques dans une ronde effrénée. Né sous Louis XIV, Urbain Delatour fait son apprentissage auprès de son père, maître chirurgien-apothicaire, tout en s’interrogeant sur son manque d’ardeur à embrasser la profession familiale, quand il est foudroyé par la vision des seins et des cuisses d’Isabelle de Montchevreüil…

Dans la France d’aujourd’hui, Etienne Delatour, l’éminent cardiologue, pétrissant les chais, tranchant les poitrines, prêt à tout pour sauver ses patients, est, lui, fasciné par Irène Saint-Aubin l’intrigante. Mais la passion le mènera au bord du précipice. 

Quels liens mystérieux se tissent, par-delà le temps, entre cs deux vies d’exception ?

Roman de l’amour,celui qui triomphe de la douleur et de la folie, Fleur et sang réconcilie la technique sans âme avec les mains de l’homme en proie au doute et à ses désirs.

Alors que la Rentrée 2015 démarre, je vous parle d’un roman de la Rentrée 2014 dont on n’a pas beaucoup parlé, et c’est dommage. J’ai peut-être eu un peu de mal à « entrer dedans », à m’habituer au langage, au style de ce roman mais une fois partie, je me suis laissé prendre au jeu : quel est le fin mot de l’histoire ? quels sont les liens exacts entre père et fille, fille et amoureux, fille et chirurgien ? jusqu’où ira la fascination du narrateur du 17e siècle, du personnage du 21è pour le père du premier, pour Irène, étrange manipulatrice ?

Surtout je me suis prise au jeu des correspondances, des ressemblances et des différences entre les deux histoires alternées, celle du 21è, Sang et celle du 17è, Fleur. Peut-être m’ont-elles paru un peu trop appuyées à la longue mais il faut reconnaître que François Vallejo mène avec une grande maîtrise ce jeu de miroir et de faux-semblants. J’ai apprécié le mystère et le suspense qu’il sait distiller dans chaque récit avec des moyens différents : la narration en je pour le chirurgien du Grand Siècle, le je étant son fils, qui ne peut donc qu’observer, raconter de l’extérieur les actes de son père sans avoir accès à ses motivations réelles ; la narration externe pour le cardiologue contemporain, qui semble nous donner accès aux deux personnages principaux, Antoine et Irène, mais ne fat que brouiller les pistes. Aucun dialogue en direct, tout au long du roman – ou plutôt des deux histoires -, mais un style très vif qui rend compte des pensées, des paroles et rend le tout extrêmement vivant.

Ne boudons pas non plus le plaisir de découvrir de l’intérieur le quotidien de deux médecins réputés à quatre siècles de distance, l’influence qu’ils peuvent exercer, leur proximité avec les malades, les énergies qui les font avancer, leur quotidien avec la vie et la mort. Et avec eux, ces deux personnages de femmes pas piquées des vers…

J’ai apprécié enfin que François Vallejo renouvelle ses sujets d’inspiration, tout en reconnaissant la vivacité et l’énergie de son style, comme dans Les soeurs Brelan, que j’avais tant aimées il y a deux ans !

« Sa vie est devenue les mots des autres, le pire dépouillement qu’il connaisse. » (p. 201)

François VALLEJO, Fleur et sang, Editions Viviane Hamy, 2014

Mrs PepysEimelle et Mior ont bien aimé aussi.

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