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Quatrième de couverture :

Le 22 octobre 1958, à Buenos Aires, une jeune fille, prénommée Elena, envoie un appel au secours à une amie. Elle lui dit qu’on est en train d’empoisonner son père et que, s’il meurt, elle est certaine d’être la prochaine victime. Quarante ans plus tard, une autre jeune fille, Inès, achète une robe en organdi jaune dans un magasin de vieux vêtements… et découvre la lettre désespérée d’Elena, dissimulée dans l’ourlet de la robe. Le message n’est jamais parvenu à sa destinataire. En cachette de ses parents, qui ne prennent pas du tout cette histoire au sérieux, Inès décide de retrouver la trace d’Elena en se faisant passer pour une apprentie journaliste. C’est ainsi qu’elle rencontre Amparito, une femme qui n’a peur de rien et qui a travaillé autrefois pour la famille d’Elena. Elles vont mener l’enquête ensemble. Car elles sont persuadées qu’il y a eu meurtre. Et si le terrible destin d’Elena a été scellé il y a quarante ans, les assassins, eux, sont toujours en vie.

Ce roman jeunesse, recommandé par la section Jeunesse de la librairie Tropismes, a croisé ma route un jour de cet été. J’ai déjà un autre roman « adulte » de Norma Huidobro dans ma PAL mais j’ai préféré présenter un roman jeunesse dans ce voyage argentin.

Nous voilà donc embarqués à la suite d’Inès, une jeune fille de Buenos Aires, un peu coincée entre deux frères envahissants, dans une enquête sur cette « bouteille à la mer » qui lui est parvenue sous la forme d’une lettre cachée dans un ourlet. Avec Amparito, défenseuse inlassable des droits des retraités dans un pays qui ne leur offre pas grand-chose, elle va remonter le temps et chercher à savoir ce qui est arrivé à Elena, ce que sont devenus les habitants de cette maison de Buenos Aires si spéciale avec sa coupole effondrée. Elles devront mobiliser toutes leurs ressources d’observation, de déduction et d’audace pour oser affronter les fantômes du passé. De ce point de vue, Norma Huidobro nous offre une histoire plaisante qui réserve son lot de surprises et rien que cela vaut la peine de conseiller ce roman à des jeunes d’au moins 11-12 ans à mon avis (je suis un peu surprise qu’il soit paru dans la collection Neuf, il aurait pu être en Medium).

Mais le roman a aussi une portée morale non négligeable : les allusions au contexte social et historique de l’Argentine sont discrètes, mais il y a bien une référence à la dictature que les parents d’Inès ont fuie pendant plusieurs années et à la situation économique des personnes âgées qu’Amparito dénonce. Cette amitié et cette enquête la jeune flle et la vieille dame rappelle la nécessité de ne pas se taire, de dénoncer les injustices, de s’engager, de chercher à rendre le monde autour de soi meilleur et plus juste. Le tout sans moralisme pesant et cela donne vraiment une valeur ajoutée à cette belle histoire.

Plusieurs autres romans jeunesse de Norma Huidobro sont traduits à L’école des loisirs et j’aurai sûrement plaisir à lire Le lieu perdu, son premier roman adulte (une autre semaine en Argentine sera bien nécessaire !)

Norma HUIDOBRO, Octobre, un crime, traduit de l’espagnol (Argentine) par Myriam Amfreville, L’école des loisirs, 2015 (1è édition en Argentine en 2004) – avec une illustration de Soledad Bravi en couverture !

Une étape jeunesse dans ce voyage en Argentine que je poursuis avec Marilyne, qui vous présente aujourd’hui un titre plus qu’étrange et attirant… Journal de la guerre au cochon de Adolfo Bioy Casares !

Et toujours un titre pour le challenge d’Eimelle

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