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Quatrième de couverture :

La Nouvelle-Orléans, 2006. La fille du gouverneur de Louisiane, est enlevée. Le kidnappeur, Ernesto Perez, se livre aux autorités mais demande à s’entretenir avec Ray Hartmann, un obscur fonctionnaire qui travaille à Washington dans une unité chargée de la lutte contre le crime organisé.

A cette condition seulement, il permettra aux enquêteurs de retrouver la jeune fille saine et sauve. Commence alors une longue confrontation entre les deux hommes, au cours de laquelle Perez va, peu à peu, faire l’incroyable récit de sa vie de tueur à gages au service de la mafia.

Dans ce thriller exceptionnel, R.J. Ellory retrace cinquante ans d’histoire du crime organisé aux Etats-Unis, mêlant avec une virtuosité étonnante les faits réels et la fiction.

Ca commence dans les rues de la Nouvelle-Orléans, une fin de mois d’août torride comme la sulfureuse ville de Louisiane. Après une introduction qui peut sembler très longue – mais quel art de planter le décor et de faire ressentir l’ambiance – voilà que Ellory braque sa caméra sur une petite ruelle et zoome sur une superbe Mercury Turnpike Cruiser de couleur bordeaux, un modèle rare des années 1950. Dans le coffre de cette voiture, on retrouve le cadavre d’un homme sur lequel on semble s’être acharné à coups de barre de fer. Son coeur a été découpé et replacé dans sa poitrine, détail macabre qui éveillera les soupçons du flic local d’abord chargé de l’enquête. Mais dès que Verlaine essaye d’identifier les empreintes du mort, il comprend – ou plutôt on lui fait très vite comprendre que l’enquête relève carrément du FBI (et limite du secret d’Etat). Le FBI déploie les grands moyens. De grands moyens totalement inefficaces jusqu’à ce que Perez se présente spontanément et exige la présence de l’agent Hartman pour se confier…

Ellory semble alors digresser en nous racontant la vie personnelle et professionnelle compliquée de Ray Hartmann, agent au service de la justice, lui-même originaire de la Nouvelle-Orléans… Mais c’est pour mieux préparer la confrontation entre Perez et Hartmann. Une longue confession où on a du mal à ne pas ouvrir de grands yeux devant les méthodes, l’organisation et les violences commises : vous me pardonnerez d’être une fille assez naïve, j’avais beau ne pas pouvoir m’empêcher de penser au film de Coppola, Le Parrain, j’étais quand même médusée devant le sang-froid et l’absence totale de remords de Perez. La famille, l’honneur, des valeurs que tout le monde peut partager mais qui sont ici complètement tordues pour être mises au service d’intérêts gigantesques et totalement illégaux, bien sûr, mais dans lesquels de hauts personnages de l’Etat sont impliqués. C’est tellement bien tordu qu’on aurait bien tendance à éprouver de l’empathie pour ce monsieur Perez qui a somme toute passé une bonne partie de sa vie tranquille, presque pépère. Jusqu’à ce que, chaque fois, un nouvel épisode dans l’escalade de la violence revienne vous doucher bien glacé. Ellory nous distille tout cela avec un art machiavélique. Jusqu’au retournement de situation final où tout s’accélère soudain, vous n’avez pas le temps de vous retourner que… surprise ! Même si j’avais deviné un tout petit morceau de l’affaire, comme dans Seul le silence, mais ça ne m’a pas empêchée d’être bluffée !

Outre cet art de dessiner une ambiance et de dérouler une histoire apparemment convenue, connue d’avance mais dont tous les morceaux se reconstitueront à la fin (sous vos yeux ébahis), j’ai bien aimé le thème du double qui traverse tout le roman. Annoncé par la constellation des Gémeaux dessinée sur le dos du cadavre retrouvé dans le coffre de la fameuse voiture, il se décline de bien des manières, notamment à travers des « couples » d’amis, de frères, de frère et soeur, de collègues (Schaeffer et Woodroffe, les deux du FBI) sans oublier bien sûr le lien étrange et fascinant qui unit Perez et Hartmann. Un autre thème récurrent chez Ellory, celui de l’identité, de l’importance  de se construire dans cette Amérique qui vous demande d’être quelqu’un, une question qui traverse autant Hartmann que Perez, comme les deux faces d’une même pièce. Le tout sur l’arrière-plan d’une ville présentée comme celle de tous les dangers, La Nouvelle-Orléans, le point de départ et d’arrivée de ce roman qui nous aura menés aussi de Cuba à New York en passant par Las Vegas et Chicago. Un périple humain et « historique » époustouflant.

R.J. ELLORY, Vendetta, traduit de l’anglais par Fabrice Pointeau, Sonatine, 2009 et Le Livre de poche, 2010

Pavé de l'été 2015(763 pages, ça le fait !) 10410370_10207397555288124_8949646824688617113_n     (Auteur anglais)Mois américain

              Toute l’histoire u presque se passe aux USA, avec un accent sur la Louisiane.)

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