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Quatrième de couverture :

« Tu me demandes comment c’était… »

Hanté par les lettres de Pline sur l’éruption du Vésuve qui détruisit Pompéi, Manhattan Volcano est un récit du 11-Septembre tel que l’a vécu un jeune Français parti à la conquête de la ville de ses rêves et soudain confronté, en même temps qu’au prodige des espaces américains, au brouillard des cendres et de la terreur.
Errant dans les rues et les ruines de New York, depuis le vif de l’évènement jusqu’à aujourd’hui même, Pierre Demarty tente de raconter l’irracontable et, ce faisant, interroge la valeur de la mémoire, sa véracité, ses méandres, ses impasses.
Album de choses vues, chronique d’une mythologie intime et de son deuil impossible, ce témoignage, loin de tout requiem, est une ode à la plus volcanique des cités de notre temps.

Pierre Demarty est né en 1976. Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé d’anglais, il est aujourd’hui éditeur et traducteur. Récompensé en 2012 par le prix Maurice-Edgar Coindreau pour sa traduction des Foudroyés de Paul Harding, il a également traduit Joan Didion, J.K. Rowling ou encore William T. Vollmann. Manhattan Volcano est son premier livre.

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L’année dernière, sur les conseils enthousiastes d’une libraire du Bateau-Livre, j’ai découvert le premier roman de Pierre Demarty, En face, un exercice littéraire de haut vol un brin déjanté. On sentait bien que l’auteur n’en était pas à son coup d’essai : de fait il est traducteur de romans anglophones et il avait déjà, en français, publié ce récit sur son vécu des attentats du 11 septembre 2001 à New York. Il venait d’emménager dans la ville quelques semaines auparavant.

Dans ce récit en forme épistolaire, dont la première lettre date de 2013, Pierre Demarty interroge d’emblée la valeur et la fiabilité de la mémoire. « Il n’y a jamais rien eu à dire. Que voudrais-tu que j’invente encore ? » Une question que vient enrichir la quatrième et dernière lettre où l’auteur raconte ses souvenirs du 11-09 et se rend compte que la surenchère d’émotions, de larmes (dénoncée très vite par quelques Américains, sans doute minoritaires à l’époque) ne fait qu’augmenter la cohorte des fantômes du Word Trade Center… Dans les deux lettres intermédiaires, il raconte son arrivée à New York en août 2001, sa fascination pour la ville, sa plongée sans complexe dans tous les clichés que la Grande Pomme génère (« Il suffit de se laisser aller »), la ville qui ne dort jamais le rend insomniaque. Jusqu’au réveil brutal… Pierre Demarty quittera New York en 2003 (la troisième lettre), non sans se promettre d’y revenir et de goûter à cette puissance de vie finalement inchangée, quoi qu’on ait pu en dire.

Les lettres sont entrecoupées d’un dessin stylisé des tours qui m’a fait penser aux Oiseaux blancs de Manhattan et le livre se termine sur le mail désordonné envoyé par l’auteur à sa famille pour les rassurer le jour des attentats et sur des extraits de deux lettres de Pline le Jeune, qui raconte la catastrophe de Pompéi à l’historien Tacite et dont Pierre Demarty cite des phrases (clairement identifiées) dans son propre récit.

J’ai vraiment goûté la plume de ce « jeune » auteur, qui sait se faire tour à tour flamboyante, fiévreuse, nostalgique, et toujours très littéraire, c’était un vrai régal malgré le format court et j’espère que Pierre Demarty a autre chose dans ses cartons !

Pierre DEMARTY, Manhattan Volcano – Fragments d’une ville dévastée, Collection Tibi, Les Beles Lettres, 2013

Un livre pile poil pur aujourd’hui et pour le Mois américain de Titine

Mois américain

 

 

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