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Quatrième de couverture :

Un roman pour prolonger le plaisir du film.

Dans un monde étrange où l’Empereur Napoléon V règne sur la France, Avril, une jeune fille, part à la recherche de ses parents, scientifiques disparus, en compagnie de Darwin, son bavard de chat, et de Julius, aimable voyou des rues.

Rejoignez ce trio qui va devoir affronter les dangers et les mystères du monde truqué !

Avec eux, découvrez qui enlève les savants et dans quel but !

Comme le film passait dans ma ville durant les vacances de Noël et que je suis tombée par hasard sur une des adaptations en livre, j’ai lu ce texte avant d’aller voir le film. Ce n’était sans doute pas indispensable mais pas déplaisant.

Nous sommes dans un univers à la fois d’uchronie et de steampunk, puisque la guerre de 1870 n’a jamais eu lieu suite à une explosion malheureuse dans le laboratoire de Gustave Franklin et que le monde, soixante ans plus tard, ne connaît pas l’électricité ni le pétrole : tout fonctionne à la vapeur (les ingénieuses et baroques machines, vapomobiles, aéroptères et autres téléphériques qui relient Paris à Berlin en seulement quatre-vingt deux heures), les ressources en charbon et en bois ont totalement disparu et la suie recouvre tout d’un voile gris difficilement respirable. Mais ce n’est pas ce côté sombre qui est mis en avant, c’est plutôt la fabrication d’armes pour lutter contre les Etats-Unis d’Amérique et la recherche d’un sérum d’invulnérabilité qui mobilisent les savants du monde entier, employés de force pour la première mission ou mystérieusement enlevés et disparus pour la seconde. La jeune Avril Franklin semble ainsi avoir perdu toute sa famille et n’a pour seul compagnon que Darwin, son chat qui parle.

L’histoire est évidemment pleine de rebondissements, de surprises, de personnages pittoresques et de moments d’émotion mais elle pose aussi une série de questions sous-jacentes très intéressantes : à quoi sert la science ? le savoir donne le pouvoir mais comment s’en servir ? peut-on se donner le droit de payer n’importe quel prix au nom de la science ?

L’humour et les références viennent à foison, à commencer par le nom de Gustave Franklin, allusion évidente à Gustave Eiffel et à Benjamin Franklin, en passant par les prénoms d’un couple clé, Rodrigue et Chimène ou encore la sortie de l’inspecteur Pizoni par les « Toilettes impériales » de la tour Eiffel (ça m’a bien fait rire, cette parodie des Violettes impériales) pour ne citer que ces exemples.

Le livre contient de nombreuses illustrations tirées du film, inspiré par l’univers graphique de Tardi, un univers que j’ai toujours aimé et que j’ai retrouvé avec plaisir. Mais il m’a semblé aussi voir des ressemblances avec certaines ambiances végétales et architecturales à la Schuitten, ce qui n’est pas rien non plus.

Donc, si le film passe encore par chez vous et que vous aimez ce genre d’histoire, n’hésitez pas, vous passerez un bon moment !

Avril et le monde truqué, d’après l’univers graphique de Tardi et le film écrit par Benjamin Legrand et Franck Ekinci, réalisé par Christian Desmares et Franck Ekinci – Casterman, 2015

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