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J’ai lu le tome 4 Confessions mais je l’ai rendu à la bibliothèque il y a quelques semaines, heureusement que le site de l’éditeur est assez complet pour me rappeler le scénario. Je me souviens avoir été amusée par les confessions alcoolisées de Réjean, le curé de la paroisse, et son ami Noël le mécréant, mais pas des détails.

Présentation de l’éditeur :

Marie et le jeune Marceau, dans un bref moment d’attirance mutuelle, se sont abandonnés l’un à l’autre. Un épisode charnel qui, hélas pour eux, n’a pas tardé à se savoir. La promise de Marceau, Clara, a débarqué publiquement au magasin général en furie, accusant Marie de lui avoir volé son fiancé. Cris, larmes. Le curé s’en mêle, on jase à qui mieux mieux dans les familles, et bientôt c’est tout le village qui entre en ébullition ! Conséquence directe : le magasin général est en partie déserté et c’est tout Notre Dame des Lacs, ou presque, qui s’applique à éviter Marie comme une pestiférée. Lorsque sa meilleure amie Adèle rejoint elle aussi la réprobation générale, c’en est trop pour la jeune veuve : elle décide de partir ! De quitter la petite communauté, au moins pour un moment. Sur les conseils de Serge, accompagnée de Jacinthe qui vient de perdre sa grand-mère, Marie prend la route de Montréal…

Présentation de l’éditeur :

En l’absence de Marie, dont personne ne sait si et quand elle reviendra de Montréal, Serge a pris la décision de s’occuper désormais de son commerce. C’est qu’il faut bien approvisionner Notre- Dame-des-Lacs, qui manque de tout depuis que son Magasin Général est tombé en déshérence. Malheureusement, ce n’est pas si simple. Les fournisseurs de Saint-Simon, qui n’accordaient leur confiance qu’à Marie, refusent de faire crédit à Serge. La tension monte au village, scindé en deux camps : ceux qui regrettent Marie (surtout les hommes) et ceux qui sont heureux qu’elle soit partie (surtout les femmes), ne lui pardonnant pas d’avoir « fauté ».
Pendant ce temps, Marie s’amuse comme une folle à Montréal, sort et multiplie les amants. Mais elle est nostalgique du village…

Mon avis sur les deux tomes :

C’est toujours un bonheur de retrouver la paroisse de Notre-Dame des lacs et ses habitants pittoresques. Dans le tome 5, on sent le désarroi intime de Marie, une femme qui se cherche elle-même depuis qu’elle est veuve et qui est en quête d’amour, de reconnaissance. Autant dire que c’est un échec suite à sa mise à l’écart après sa brève aventure avec Marceau Allaire. C’est Serge, son meilleur ami, l’homme le plus fidèle à Marie finalement (quelle dérision) qui l’aide à prendre du recul à l’encourageant à partir pour Montréal avec Jacinthe. Et là, c’est à la fois l’humour et le sens de la construction des auteurs qui l’emportent : on lit alternativement, en vis-à-vis, des cases sur les multiples activités de Marie à Montréal et le farniente vécu par Serge et Gaétan, les villageois commencent à ressentir le vide laissé par Marie, le curé se demande s’il n’a pas été trop sévère…

On retrouvera le même type de découpage à la fin du tome 6, quand Marie revient de Montréal, que les hommes s’activent à reconstruire un pont essentiel (il avait été emporté par la pluie, comme si les éléments naturels s’étaient mis au diapason du manque) et que Mathurin Latulippe est rapatrié de ses bois jusqu’au village pour être soigné dans de meilleures conditions. Le retour de Marie est d’autant mieux accueilli !

J’observe toujours avec autant de plaisir les dessins, la douceur des couleurs, la précision des détails, le côté à la fois réaliste et pittoresque. J’aime la profondeur des regards, les gros plans sur le visage et les yeux de Marie, qui reflètent si bien ses émotions.

J’attendrai un peu avant de découvrir les trois derniers tomes de la série, car après, quand ils seront lus, il faudra dire définitivement adieu au Magasin général ! Je préfère retarder un peu l’instant…

LOISEL et TRIPP, Magasin général, tome 5 Montréal et tome 6, Ernest Latulippe, Casterman, 2009 et 2010

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