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Quatrième de couverture (rédigée par Myriam Mallié) :

Tout le monde connaît le Petit Chaperon Rouge, et son histoire.
Ce que l’on connaît, en réalité, c’est la version de Charles Perrault, celle qui se termine en substance par : « Gardez vos filles chez vous, surtout si elles sont jeunes et jolies. Le monde est plein de loups. » Mais comment les filles pourraient-elles apprendre à vivre selon ce qu’elles savent de leurs propres forces, si « on » élimine autour d’elles toute occasion de désir et de peur ?

Or il existe une autre version du conte, plus ancienne, plus trouble, et qui finit bien.

Une histoire, où les femmes se passent le flambeau. Les filles y marchent là où la vie les invite à marcher, rencontrent qui elles doivent rencontrer, se mesurent à qui elles doivent se mesurer, avant de rejoindre la communauté des femmes – et des hommes bien entendu – et d’y prendre leur place. 

Avec cette réécriture du célèbre conte Le Petit Chaperon Rouge, je découvre Myriam Mallié et… qu’il y a bien d’autres versions que celle de Charles Perrault ! (Oui, on peut dire que je suis carrément inculte en ce genre littéraire.)

La conteuse belge nous explique d’abord que, justement, la version de Perrault n’est pas un conte, genre dont la fonction est « d’apprendre à vivre ». Comment vivre vraiment si l’on ne doit jamais sortir ni traverser aucune forêt et se protéger constamment des loups dangereux qui infestent le monde ? Myriam Mallié s’est inspirée de la « collecte nivernaise d’A. Milien » : ici il est surtout question de femmes, des filles, des mères, des grand-mères, de femmes, de transmission et de rupture, mais une rupture féconde.

Tous les lieux, les couleurs, les objets symboliques du conte sont racontés, déroulés (pour ne pas employer le terme « analysés », un peu froid et incongru ici) et, tout en gardant leur part de merveilleux, prennent encore davantage leur force de symbole, au sens étymologique du mot : « ce qui est jeté ensemble » donc ce qui relie, rassemble, permet de se re-connaître. « La forêt, c’est un bonheur ». Le rouge, c’est une couleur de vie, le chaperon tendrement brodé de fils rouges reliera la jeune fille à sa mère et la protégera dans l’épreuve initiatique.

Finalement le Petit Chaperon Rouge (tous les mots sont importants, qui portent chacun une majuscule) prendra sa place dans la communauté des femmes, non plus petite, mais femme à son tour, à la fois autonome et reliée aux autres. « Grande maintenant, libre d’aller, emportant avec elle son histoire comme un gué de mots à jeter sur la surface mouvante de ses jours quand une traversée s’avère nécessaire. »

Une lecture dynamique, dynamisante, rafraîchissante, illustrée par les illustrations de lits en rouge et noir de Myriam Mallié elle-même. Un texte qui fait goûter à la plénitude d’être fille et femme. Féministe donc, dans un bon sens positif. Cela fait du bien !

Myriam MALLIE, Le Petit Chaperon Rouge, Esperluète Editions, 2009

J’accompagne (un rien) Mina dans son Heure du conte. Elle présente aujourd’hui les Contes de fées de Madame d’Aulnoy, des « contes féminins et subversifs ».

Mina et Martine ont lu aussi l’ouvrage de Myriam Mallié et en parlent bien mieux que moi.

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