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Présentation de l’éditeur :

Maître Otonashi, grand peintre du royaume, vit retiré auprès de la montagne qui inspire toute son oeuvre. Alors qu’il commence à perdre la vue, son disciple Mirzu remplace en cachette les toiles les plus récentes de son maître par les siennes, pour préserver l’honneur du grand artiste. Mais maître Otonashi est-il vraiment en train de perdre la vue ou simplement de révéler aux yeux de tous le talent de son élève?…
Un magnifique conte de sagesse au pays du Soleil levant.

Depuis que ce livre est arrivé la maison, je me plonge régulièrement dans ses pages : j’ai été conquise d’emblée par la délicatesse, la finesse des couleurs et des motifs dessinés par Sacha Poliakova pour illustrer ce conte initiatique, cette belle histoire de transmission et de respect entre un maître peintre et son élève. Me perdre dans la montagne dès la première double page, chercher dans ce bleu le chemin de la maison d’Otonashi, ça m’a carrément séduite.

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Ensuite je me suis laissé porter par la grâce d’une histoire à la fois grave et simple, qui met en jeu des valeurs de paix, d’harmonie, de respect, de transmission, de pudeur et de partage. Le maître perd peu à peu la vue – le dessin est alors rayé de gris, il perd de son éclat – et son apprenti protège le secret du vieux peintre tout en peignant à son tour des toiles rayonnantes qu’il ne s’appropriera vraiment que quand Otonashi lui laissera humblement toute la place.

Cette histoire pleine d’humanité nous enseigne aussi la patience, la persévérance : Otonashi aura passé toute sa vie au pied de la même montagne, peignant inlassablement les moindres détails, les moindres jeux de lumière, guettant la moindre variation au coeur de l’immuable. Quelle leçon de vie dans ce récit d’Isabelle Wlodarczyk, qui s’st inspirée de peintures japonaises médiévales mais aussi des préceptes de sagesse de son propre grand-père.

Cette inspiration japonisante mais aussi cette tendresse entre les personnages sont vraiment bien rendues dans les illustrations de Sacha Poliakova. Finesse du trait et des détails, délicatesse des couleurs, soin de la mise en page : de nombreux éléments qui ne sont pas sans rappeler l’art de l’estampe et du théâtre japonais (avec un tout petit bémol concernant sa manière de dessiner les personnages, mais la variété des motifs vestimentaires compense pour moi les traits de visages beaucoup moins fins que les décors).

Si vous ouvrez cet album, Les Yeux d’Otonashi vous feront passer un délicieux moment hors du temps.

Isabelle WLODARCZYK et Sacha POLIAKOVA, Les Yeux d’Otonashi, Didier Jeunesse, 2016

L’album paraît aujourd’hui même ! Encore un grand merci à Angèle Pacary et aux éditions Didier Jeunesse !

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