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Quatrième de couverture :

Un célèbre homme d’affaires se donne la mort à l’antenne, en direct, d’une balle dans la bouche. C’est un choc terrible pour les Athéniens, mais une aubaine pour le commissaire Charitos, qui en profite pour échapper à une ennuyeuse convalescence. Peu après, un député et un journaliste se suicident à leur tour sous les yeux des téléspectateurs… À quelques semaines des jeux Olympiques, les autorités paniquent… et Charitos reprend du service.

Troisième opus de Petros Markaris que je découvre et même si je ne les lis pas dans l’ordre, j’ai toujours autant de plaisir à retrouver le personnage et le contexte historique et géographique de la série.

Nous retrouvons Charitos dans un état proche de la sidération léthargique : en congé maladie suite à une blessure par balles, Kostas en est heureusement sorti par son futur beau-fils, Phanis, qui l’oblige à s’intéresser au suicide spectaculaire à la télévision d’un chef d’entreprise, rapidement suivi par celui d’un député. Tous deux sont d’anciens militants de gauche arrêtés et emprisonnés du temps de la Junte. Comme les deux suicides sont instrumentalisés par un groupe d’extrême-droite, la police s’y intéresse mais le terrain est sensible : Charitos est donc chargé d’enquêter officieusement sur ce qui ressemble plutôt à des incitations au suicide.

L’enquête s’avère longue, les indices sont soigneusement cachés, les liens entre les protagonistes semblent enterrés avec le passé dictatorial de la Grèce. Mais si vous connaissez un tant soit peu Charitos, vous savez qu’il est teigneux têtu et tout entier accaparé par la recherche de la vérité. Rien n’est à négliger pour échapper un peu à l’emprise d’Adriani (et pour lui prouver aussi qu’il est en pleine forme et mérite de retrouver son « régime » culinaire complet). D’autant que Kostas joue gros dans cette affaire : il risque de perdre sa place de chef du Bureau des Homicides, la confiance de son supérieur direct Guikas et des autorités et aussi… de finir cuit par la chaleur athénienne. Heureusement il peut compter sur l’aide efficace de Koula, la secrétaire (et fausse potiche) mise à sa disposition par Guikas et sur les fidèles soubresauts de la Mirafiori (un personnage à part entière, cette vieille guimbarde !).

A force d’obstination, Charitos va réussir à dénicher un fil sur lequel tirer pour résoudre l’affaire. Une affaire complexe qui m’a apporté un éclairage sur l’histoire grecque contemporaine, que je connais très mal pour ne pas dire pas du tout. Et comme toujours, en suivant Kostas Charitos dans les éternels embouteillages d’Athènes, on savoure aussi la culture du pays, le caractère… méditerranéen de ses habitants, leur propension immodérée à tromper les autorités et leur humour fataliste. Et ce ne sont pas les quelques longueurs de ce titre (472 pages quand même) qui m’empêcheront de renouer avec le commissaire Charitos !

Petros MARKARIS, Le Che s’est suicidé, traduit du grec moderne par Caroline Nicolas, Le Seuil, 2006 et Points, 2007

L’avis de Kathel

Une année en Grèce avec Yueyin et Cryssilda / Lire le monde avec Sandrine

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