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Dans les forêts profondes où règne le silence
Sous les hêtres fayards, les chênes chevelus
Se perdent les échos de ces cris de démence
Que poussaient les soldats à jamais disparus

La mort était ici sur ce champ de bataille
Sur le sommet des crêtes et au creux des vallons
Des hommes courageux fauchés par la mitraille
Au rythme des grenades et des coups de canon

La mort était ici au fond de ces tranchées
Dans la neige et la boue, dans le froid et la peur
Tombeaux ouverts au ciel aux parois détrempées
Où s’infiltrait le gaz qui semait la terreur

La mort était aussi dans d’infects ouvrages
Casemates et fortins, cercueils en béton
Elle rôdait partout dans les champs, les villages
Fauchant de jeunes vies, sans motif, sans raison

Dans ces forêts profondes où survit la mémoire
Sous la terre meurtrie aux souvenirs enfouis
S’est écrite autrefois une page d’histoire
Que jamais il ne faut rejeter dans l’oubli

Vincent Montcy

Aujourd’hui 21 février, cela fait exactement cent ans que commença la bataille de Verdun, le 21 février 1916. D’abord offensive soigneusement préparée par les Allemands pour vaincre les Français, la bataille de Verdun, qui durera jusqu’en décembre 1916, tournera à l’avantage des Français. Elle provoquera même une demande de paix de la part de Guillaume II, encerclé à l’Est comme à l’Ouest. Cette offre ne sera pas entendue. Verdun est le symbole de la résistance des Français, seuls à combattre les Allemands pour défendre ce morceau de terre qui ne pouvait être cédé à l’ennemi, mais aussi celui d’une bataille folle, inutile et ô combien meurtrière.

Nécropole nationale de Fleury-devant-Douaumont

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