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Quatrième de couverture :

Jim et Tommy ne se sont pas revus depuis plus de trente ans. Tous deux ont grandi dans la même petite commune près d’Oslo : Jim couvé et protégé par une mère très pieuse, Tommy abandonné par sa mère, malmené par un père violent, puis séparé de ses trois sœurs placées dans des familles d’accueil et obligé de travailler dans une scierie. Pourtant, c’est bien Tommy qui fait carrière dans la finance, alors que Jimmy vivote, entre son travail de bibliothécaire et des arrêts maladie de longue durée. Quand ils se retrouvent par hasard, sur ce pont menant à la capitale où Jim s’est installé pour pêcher, les souvenirs resurgissent…
Je refuse est un roman poignant sur l’amitié entre deux hommes, qui sont aussi deux êtres cabossés par la vie. Leurs échecs sentimentaux, leur colère et leur volonté de survivre sont admirablement mis en scène dans un livre polyphonique d’une incroyable justesse.

Comme dans Pas facile de voler des chevaux, Per Petterson fait voyager ses personnages entre passé et présent, entre ombre et lumière. Il suffit d’une rencontre, d’une minute au petit jour, sur un pont, pour que Jim et Tommy remontent le fil du temps jusqu’à cette année 1966 où leur amitié adolescente était solide et leur permettait de transcender le quotidien. La mère de Tommy était partie sans prévenir, son père le battait, lui et ses soeurs, Jim ne connaissait pas son père et vivotait dans le cocon maternel. Un jour, de façon inattendue, Jim est interné au « Bunker », un hôpital psychiatrique. C’est à partir de là que l’amitié entre les deux garçons va se défaire. Tommy, qui semblait avoir moins de chance, retrouvera une figure paternelle dans sa vie et grimpera les échelons de la réussite. Au moment où ils se retrouvent par hasard sur ce pont, ils ne sont pas au mieux de leur forme et tous deux arrivent à un point crucial de leur vie, un choix s’impose à eux : avancer ou baisser les bras.

Le récit mené par Per Pettersen donne tour à tour la parole à plusieurs personnages, principalement Jim et Tommy, dont le mystère s’éclaircit progressivement mais pas complètement : des blancs, des questions sans réponse subsistent tout comme la fin reste ouverte, au lecteur de choisir la version pessimiste ou optimiste. Peut-être la noirceur du roman fera-t-elle pencher la balance. Il ne cesse de nous interroger sur le retentissement des choix de jeunesse jusque dans notre vie d’adulte, sur la valeur ou le poids du temps qui passe, mais nous fait aussi prendre conscience que ces choix ne peuvent nous retenir dans les liens du passé, sous peine de mort. Le titre emblématique, Je refuse, trouve d’ailleurs divers échos dans le roman.

« Le temps était-il un sac dans lequel on pouvait enfouir tout ce qu’on voulait ? Et s’il décrivait un mouvement circulaire au lieu de parcourir une ligne droite, nous ramenant sans cesse à notre point de départ ? » (p. 214)

J’ai apprécié de retrouver l’auteur et je continuerai à le lire avec plaisir mais Pas facile de voler des chevaux garde la première place dans mon coeur de lectrice en termes d’émotions.

Per PETTERSON, Je refuse, traduit du norvégien par Terje Sinding, Gallimard, 2014

Les avis d’Aifelle et de Jérôme

Un livre enfin disponible à la bibliothèque, qui me permet de commencer le Challenge nordique et dont l’auteur est aussi dans Lire le monde.

Lire-le-monde   Challenge nordique 2016

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