Mots-clefs

,

Présentation de l’éditeur :

« Ce fut tout à coup comme un voile qui se déchire : j’avais compris, j’avais saisi ce que pouvait être la peinture » : tels sont les mots de Claude Monet évoquant au soir de sa vie sa découverte à 16 ans, grâce à Eugène Boudin, de la peinture en plein air.

Alors que dans les années 1860 le jury du Salon officiel n’a d’yeux que pour l’art académique, Boudin s’engage dans une autre voie. Observateur attentif des phénomènes atmosphériques, il cherche sans relâche à rendre compte de l’immensité des ciels en bord de mer et à traduire les impressions fugitives du paysage – ce qui en fait sans conteste le précurseur de l’impressionnisme. Installé de longues heures sur la plage ou le port, par tous les temps, en Normandie comme en Bretagne, le peintre restitue sur la toile le passage d’un nuage, le ciel changeant sous l’effet du vent et de la marée, l’évanescence de la lumière… De « prodigieuses magies de l’air et de l’eau » écrivait Charles Baudelaire.

Les éditions A propos font entrer leurs lecteurs dans l’univers d’un artiste, suivant un angle d’approche énoncé dans le titre de l’ouvrage. En quelques pages, très didactiques, la biographie  est mise en parallèle avec les grands événements culturels et historiques contemporains de l’artiste : de courts chapitres évoquent son parcours de vie et de création tandis qu’un focus particulier met l’accent sur un tableau analysé à la fin de chaque chapitre et que des inserts expliquent certains points de détails propres à l’époque et/ou à la discipline artistique. Une bibliographie complète l’ensemble.

Cet opus sur Eugène Boudin est écrit par Anne-Marie Bergeret et Laurent Manoeuvre, deux spécialistes du peintre et commissaires de l’expo qui lui est consacrée au Musée d’art moderne André Malraux du Havre, dans le cadre du Festival Normandie Impressionnisme 2016.

Je ne vous apprendrai sans doute rien en vous rappelant que Boudin (1824-1898), né à Honfleur et mort à Deauville, fut un précurseur en matière picturale : il sort de son atelier pour peindre en pleine nature, c’est même lui qui incitera Claude Monet à le faire, sa technique annonce l’impressionnisme et à la fin de sa vie, l’abstraction et le fauvisme. De l’estuaire de la Seine aux plages normandes, où il peint les Parisiens en vacances, des marines revisitées à Venise, Eugène Boudin voyage, approfondit chaque thématique, présente modestement des oeuvres au Salon, garde au maximum son indépendance et reçoit une reconnaissance relativement tardive. Mais très, Courbet et Baudelaire ont reconnu son talent ; dès 1859, Baudelaire écrit : « Plus tard, il nous étalera dans des peintures achevées les prodigieuses magies de l’air et de l’eau. Ces études si rapidement et si fidèlement croquées d’après ce qu’il y a de plus inconstant, de plus insaisissable dans sa forme et dans sa couleur, d’après des vagues et des nuages… »

Je connaissais déjà plusieurs oeuvres d’Eugène Boudin pour avoir visité Honfleur, Le Havre et leurs musées, j’ai apprécié de (re)mettre mes connaissances en ordre grâce à cet ouvrage rigoureux et précis dont les reproductions d’oeuvres sont soignées pour son petit format. Celles-ci sont représentatives de tout le parcours d’artiste d’Eugène Boudin, peintre à la fois modeste, persévérant et novateur. L’homme a su à la fois s’appuyer sur et renouveler la tradition pour nous offrir ces magnifiques instantanés de ciel et de mer, d’eau et de vent.

Anne-Marie BERGERET-GOURBIN et Laurent MANOEUVRE, Eugène Boudin la magie de l’air et de l’eau, Editions A Propos, 016

Un très grand merci à l’opération Masse critique de Babelio et aux éditions A Propos pour la découverte de ce livre.

L’impératrice Eugénie sur la plage à Trouville

Rivage de Portrieux, Côtes-du-Nord

Publicités