Helingway

Ernest Hemingway – Vivre, écrire, tout est là –

Ses plus grands voyages racontés par Albéric d’Hardivilliers

– Editions Transboréal –

 

Au Festival Etonnants Voyageurs, je n’ai pu résister au stand des éditions Transboréal. C’était l’heure et l’endroit. De l’écrivain-voyageur Albéric d’Hardivilliers, j’avais lu avec bonheur l’écriture de l’ailleurs : petit propos sur la littérature nomade dans la collection Petite Philosophie du voyage.

Je me suis intéressée grâce à lui à cette collection Compagnons de route avec ce titre sur Hemingway.

Sans prétention biographique, cet ouvrage retrace l’itinéraire géographique du Nobel américain suivant en filigrane le chemin d’écriture, les rencontres, les engagements, les doutes. Le parcours est chronologique.

J’ai particulièrement apprécié autant la mise en page aérée de cette lecture au format idéal ( avec l’abécédaire en fin d’ouvrage et la bibliographie de et sur Hemingway ), que le ton, la pertinence de la concision, le propos nourri des textes et de la correspondance d’Hemingway, documenté, ainsi que la présence d’Albéric d’Hardivilliers sur ses mots après une introduction en forme d’éloge. L’écrivain-voyageur nous parle de son Hemingway, de ce que cet auteur a représenté pour lui, comment il a grandi avec lui, dans tous les sens du terme. Et pourtant, par la suite, chacun des chapitres, ouverts par une citation extraite d’un récit d’Hemingway, est écrit sans complaisance, aussi irrévérencieux que tendre, dépassant le mythe.

J’ai lu un hommage plein d’humanité, un portrait vivant, la carte d’une vie de passions. J’ai lu le journaliste correspondant de guerre, le chasseur, l’ambulancier de la Croix Rouge en Italie, l’alcoolique, le combattant, le viril baratineur fort en gueule un brin mégalo et mystificateur, «  un homme en révolte contre la mort » ( lettre à Hochner de 1954 ), l’écrivain acharné pour «  écrire une seule phrase vraie », l’angoissé, le parano suicidaire. J’ai lu le Michigan familial, l’Espagne des corridas, l’Espagne de la guerre civile, le Paris littéraire des années 20, l’avion et les safaris en Afrique, Cuba et Key West ; j’ai lu les amours et les excès, j’ai découvert le goût de la peinture.

J’ai lu ce « mentir vrai » de l’écrivain.

– Dans sa préface à Hommes en guerre, Hemingway écrit en effet que «  le degré de fidélité à la vérité doit être si élevé que ce qu’[un écrivain] invente à partir de ce qu’il connaît doit former un récit plus vrai que ne le seraient des faits exacts ».

Cette façon de jongler entre faits réels et fiction, Hemingway l’a plus ou moins formalisée dans sa théorie de l’invent truly, le mentir vrai, qui n’est qu’une façon de dévoiler le réel par la fiction. […] De ce point de vue, la vérité chez Hemingway est peut-être plus à chercher dans ses romans que dans les différentes déclarations qu’il a pu faire à la presse. 

D’Hemingway, je connaissais les grands romans. Avec Albéric d’Hardivilliers, j’ai approché les nouvelles, tout cet univers littéraire que je ne connaissais pas d’Hemingway, et l’homme qui les a écrites, pas seulement le Prix Pulitzer pour Le vieil homme et la mer. Je n’ai fermé ce livre que pour poursuivre cette lecture par Le soleil se lève aussi qui annonce le Paris est une fête de cette génération perdue.

– A la fin de l’année 1938, alors qu’il a séjourné de nombreux mois « dans la poussière, le bruit, la mitraille, la mort, la peur de la mort, la vaillance, la lâcheté, la folie et l’échec », Hemingway commence à ressentir une certaine lassitude. Il est fatigué, les Républicains ont perdu, son mariage avec Pauline est dans l’impasse, et sa curiosité rassasiée :

« Au diable la guerre pour un certain temps. Je veux écrire. […] Aussi longtemps qu’il y a la guerre, déclare-t-il à Ivan Kashkin, on pense toujours qu’on va peut-être être tué, ce qui fait qu’on se fiche de tout. Mais maintenant que je n’ai pas été tué, je dois donc travailler. Et comme vous l’avez sans doute découvert, vivre est beaucoup plus difficile et compliqué que mourir, et il est exactement toujours aussi difficile d’écrire. »

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« Des symboles, il y en a, puisque les critiques en trouvent. […] Lisez donc ce que j’écris pour le plaisir de la lecture. Quant au reste, vous y trouverez ce que vous y mettez vous-même. »

( propos confié à un journaliste – cité dans L’art du romancier – Georges Plimpton – 1958 )

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Dans un mois s’ouvre le Festival America à Vincennes. Il se tiendra du 8 au 11 septembre et mettra à l’honneur « l’Amérique dans tous ses états ». Je suis ravie que Marilyne ouvre ici le bal des préparatifs à cette grande manifestation culturelle. Septembre sera aussi l’occasion de participer une nouvelle fois au Mois américain organisé par Titine (Plaisirs à cultiver), il aura aussi des accents de Festival (j’ai préparé ma pile de livres d’auteurs présents à Vincennes).

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