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Présentation de l’éditeur :

«L’autre jour, nous avons vu Mlle Legourdin attraper une fille par ses nattes et la projeter par dessus la barrière du terrain de jeu!»

Le père de Matilda Verdebois pense que sa fille n’est qu’une petite idiote. Sa mère passe tous ses après-midi à jouer au loto. Quant à la directrice de l’école, Mlle Legourdin, c’est la pire de tous: un monstrueux tyran, qui trouve que les élèves sont des cafards. Elle les enferme même dans son terrible étouffoir.
Matilda, elle, est une petite fille extraordinaire à l’esprit magique, et elle en a assez. Tous ces adultes feraient bien de se méfier, car Matilda va leur donner une leçon qu’ils ne sont pas près d’oublier.

Aujourd’hui, ce 13 septembre 2016, Roald Dahl aurait 100 ans : bon anniversaire au « meilleur conteur du monde » !

Comment ne pas céder au charme de Matilda ? Il me faut l’avouer, j’ai été un peu longue à la détente, sans doute parce que je sortais d’un dimanche rempli d’émotions plus « sérieuses » que celles que procure ce roman, je trouvais la situation de départ, cette enfant surdouée à laquelle ses parents bêtes et méchants ne prêtent aucune attention, bien « hénaurme ». Heureusement le talent de conteur de Roald Dahl a fait fondre mes réticences : une fois avoir admis qu’on est dans son imaginaire riche et plein d’humour, je me suis laissé aller et j’étais sous le charme de cette minuscule petite fille adorable et astucieuse. Acceptée aussi, la non moins hénaurme Melle Legourdin et ses horribles performances en matière de lancer d’enfants.

Comment ne pas succomber aussi à l’amitié qui naît entre Matilda et son institutrice, Melle Candy ? Pour elles, tout est bien qui finit bien, normal dans un bon conte, mais elles en ont à nous apprendre en matière de douceur et de finesse, les deux complices.

Ce livre est aussi un hymne à la lecture, avec tous les classiques que lit Matilda du haut de ses quatre ans : on sent que Roald Dahl s’est nourri des romans de Dickens, qui l’ont sûrement inspiré pour cette histoire. Evidemment, la prof que je suis n’a pas boudé son plaisir avec les noms propres irrésistibles, j’aimerais bien lire les originaux en anglais mais leur traduction est bien trouvée : l’école Lamy-Noir, mademoiselle Legourdin, madame Criquet et autres Victor Patte.

Quentin Blake accompagne de son trait vif et malicieux le comique très visuel et les jeux de mots savoureux de Roald Dahl, et voilà confirmée une excellente recette pour vous donner la (grosse) pêche en cette belle fin d’été.

A propos de Melle Legourdin : « Pas la moindre trace de beauté sur son visage qui était loin d’être une source de joie éternelle. » (p. 88)

A propos d’Anémone, la meilleure amie de Matilda : « (…) lorsque enfin lui surgit à l’esprit l’émergence d’une brillante idée, elle entreprit d’établir son plan avec le même soin que le duc de Wellington avait mis à préparer la bataille de Waterloo. Certes, dans le cas présent, l’ennemi n’était pas Napoléon. Mais jamais, à l’école de Lamy-Noir, quelqu’un n’avait admis que la directrice était un adversaire moins formidable que le fameux empereur français. » (p. 148)

Roald DAHL, Matilda, illustré par Quentin Blake, traduit de l’anglais par Henri Robillot, Folio junior, 2007

Hommage à Roald Dahl aujourd’hui dans A year in England

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