Quatrième de couverture

Au matin du 8 mai 1902, la montagne Pelée entre en éruption, tuant la population entière de la ville de Saint-Pierre. Un homme survit miraculeusement à l’hécatombe : Baptiste Cyparis, le Revenant de l’Apocalypse. À la même époque, en Angleterre, un mathématicien et une musicienne tentent de percer ensemble les secrets de la terre et du feu.

À Montréal, cent ans plus tard, deux inconnus se rencontrent sur le mont Royal dans un jardin semé d’arbres et de croix, avec pour témoins un chien et l’esprit de la ville qui les entoure.

D’une geôle martiniquaise au grand chapiteau du cirque Barnum & Bailey, des flancs du Vésuve au boulevard Saint-Laurent, l’auteure du Bon usage des étoiles nous entraîne dans un roman où passé et présent se répondent. Une fresque baignée de lumière, où l’on entend aussi battre le cœur de la terre.

Novembre 2016. Un long week-end de Toussaint, une semaine de congé, de belles journées douces et ensoleillées idéales pour savourer le plaisir de faire crisser les feuilles d’automne sous les pas dans les bois parés de jolies couleurs… et des soirées cocooning, une tasse de thé ou de chocolat chaud à portée de main et quelques lectures québécoises en perspective. Que demander de plus ? Un premier coup de cœur, peut-être ? Eh bien, oui, pour ces superbes « Larmes de saint Laurent » de Dominique Fortier.

Un roman bouillonnant, qui secoue, qui ébranle, déstabilise et (s’)enracine en même temps. Un roman qui nous emmène au cœur de la terre, de ses frémissements, de ses bruits et de ses ondes inaudibles à qui refuse de les entendre, mais fascinants pour celui qui décide d’y coller l’oreille, de se poser, de laisser son cœur battre à l’unisson du monde, de la nature et de l’autre.

Construit en trois parties, distinctes et pourtant subtilement liées, Les larmes de Saint-Laurent nous fait voyager dans le temps et l’espace à la rencontre d’êtres singuliers : Baptiste Cyparis, d’abord, caméléon changeant sans cesse de nom et de costume, unique survivant miraculé d’une éruption dévastatrice. Baptiste devient bête de cirque, éternel errant parmi les autres monstres (ou merveilles, c’est selon) à nul autre pareil… car est-ce bien « une vie si elle doit se dérouler dans cet affolement désespéré de chercher un semblable et de ne pas en trouver » ? Un semblable, c’est ce que Edward et Garance découvrent en se rencontrant, ces deux être hors du commun, inadaptés aux contraintes et exigences de la société, du travail et du quotidien, mais fascinés par les mathématiques, la musique, la nature et ses phénomènes inexpliqués qu’ils tentent de comprendre ou de ressentir au plus juste. Cent ans plus tard, enfin, un homme passionné par les tremblements de terre et les volcans rencontre une jeune promeneuse de chiens. Une rencontre étonnante sur le mont Royal, une rencontre fragile et belle comme la nature qui l’accueille. Et qui dit rencontre dit (remise en) question(s), danger, émotions partagées et points de vue différents sur le monde.  Des questions et réflexions qui font écho dans le cœur du lecteur : « pourquoi s’acharner à déterrer ce qui est enfoui, si ça signifie qu’on le met en danger ? » « que peut-il y avoir de plus important que la sécurité ? »

Un livre qui donne envie de reprendre les chemins traversés chaque jour, de retrouver les gens que l’on croise sans prendre le temps de les regarder, et de les observer, de les écouter vraiment. Car « Si vraiment tu crois que c’est chaque jour la même montagne, alors tu n’as rien compris. »

Les larmes de saint Laurent, Dominique Fortier, éditions Alto

quebec-en-novembre-2016

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