Mots-clefs

, , , , , ,

Quatrième de couverture :

D’un regard, il a perçu derrière son incroyable allure de « Garbo brune  » un secret, une fêlure. Robert Duvinage est un escroc à la petite semaine, avec le charisme du diable. Hortense Weber a tout pour l’intriguer. Que cache cette institutrice célibataire, une Alsacienne venue s’exiler à Erquignies, avec son bébé sous le bras ? 

Huit ans après la Libération, en pleine guerre d’Indochine,suspicions et plaies de l’Occupation couvent toujours dans ce bourg près de Lille. A la veille du procès d’Oradour, les tensions sont ravivées par un incendie criminel dans une ferme voisine, qui tue deux élèves d’Hortense.

Parce qu’il veut confondre l’assassin et parce qu’il veut veiller sur Hortense, en proie à une peur permanente, Robert suspend un temps ses activités louches et  joue l’épicier du bourg. Serait-ce ainsi pour lui un moyen de soulager sa conscience ?

Qu’et-ce qui pousse Robert Duvinage à sans cesse mentir, monter des escroqueries à la petite semaine grâce à son talent de photographe ? En tout cas, une fois qu’il se laisse aller à rendre service à Hortense Weber, la ramenant de la maternité à Erquignies, les tragédies semblent se déchaîner sur ce paisible petit village à la frontière franco-belge. Pas si paisible que ça, la bourgade dont le maire communiste côtoie un curé aux manières un peu trop onctueuses. Ce village du Nord symbolise la France entière et les luttes qui la déchirent encore huit ans après la Libération : luttes sourdes entre anciens collabos amnistiés par la loi de 1951 et anciens résistants, luttes attisées par ce procès qui s’ouvre à Bordeaux pour juger les bourreaux d’Oradour.

Michel Quint connaît très bien cette région nordiste, son écriture est très évocatrice des lieux si on les connaît un peu, même s’ils ont bien changé depuis 1953. Il s’est aussi très sérieusement documenté sur le sort du journal La Voix du Nord et son réseau de résistants, sur la loi d’amnistie de 1951, ainsi que sur le procès d’Oradour et la guerre d’Indochine, symbole de la guerre froide. Son roman est donc assez dense, d’autant qu’il faut passer par le filtre de son écriture abondante, de son phrasé complexe, attentif au moindre détail à rapporter à son lecteur. Le roman n’en est pas pour autant difficile mais il fournit une masse de faits et d’informations en plus des rapports compliqués entre les habitants d’Erquignies.

Les secrets et les mensonges ne se révéleront qu’à la fin (évidemment), fin du roman et fin du procès d’Oradour. A travers cette narration complexe, maîtrisée, on a fini par s’attacher à Robert « le Diable », celui qui a mis en lumière les divisions du village, avant de s’unir à sa belle Hortense.

Michel QUINT, Un hiver avec le diable, Presses de la Cité, 2016

Merci à l’éditeur et à Babelio pour l’envoi de ce livre !

Publicités