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Présentation de l’éditeur :

Jeune provincial, le narrateur débarque à la capitale pour faire ses années de classe préparatoire. Il va découvrir une solitude nouvelle et un univers où la compétition est impitoyable. Un jour, un élève moins résistant que lui craque en plein cours, sort en insultant le prof et enjambe la balustrade.

On retrouve dans Un hiver à Paris tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel : la complexité des relations ; un effondrement, suivi d’une remontée mais à quel prix ; l’attirance pour la mort et pour la vie ; la confusion des sentiments ; le succès gagné sur un malentendu ; le plaisir derrière la douleur ; l’amertume derrière la joie.

Sont présents les trois lieux qui guident la vie de l’auteur : Troyes, Paris, les Landes. Dans la lignée de Et rester vivant, il y a chez le personnage-auteur-narrateur la même rage pure, la même sauvagerie – pour rester toujours debout sous des allures presque dilettantes.

Je ne crois pas que Jean-Philippe Blondel a besoin de moi pour donner encore plus de publicité à son livre (c’est pour cela que je me suis permis de reproduire en entier la présentation de son éditeur, pour rappeler le contexte et les thèmes du roman) mais il me faut avouer que celui-ci m’a plu, d’une manière indéfinissable… Pourtant ce personnage qui semble coupé de ses émotions, que l’on suit dans les souvenirs de ses années d’hypokhâgne et de khâgne, qui n’avait rien de particulièrement emballant à première vue, réussit à devenir attachant ;  et j’ai été happée par le parcours de ce jeune homme qui tâtonne, qui ne sait comment vivre vraiment après le suicide d’un condisciple qui n’était même pas encore devenu un ami.  L’écriture de Jean-Philippe  paraît parfois aussi détachée que le héros, mais elle est traversée d’une grande lucidité et de quelques réflexions marquantes dans la simplicité des images. C’est sans doute elle qui a contribué à me faire vraiment aimer ce roman. (De toute façon, comment aurais-je résisté à cette couverture ?)

« J’ai été convoqué par le proviseur. On m’a fait attendre sur une banquette en cuir vert aux clous dorés. Face à moi, les tableaux de tous les hommes illustres qui avaient étudié entre ces murs. Aucune femme. Normal. La féminité était une découverte relativement récente dans ce milieu-là. Etonnant tout de même quand on songeait à toutes ces romancières anglo-saxonnes dont nous disséquions les oeuvres et à ces figures mythiques du nouveau roman dont on nous rebattait les oreilles. » (p. 111)

« Quelque chose avait bougé dans l’univers. Ma planète accomplissait sa révolution.J’en étais heureux même si j’étais conscient que, jamais, je ne me transformerais en étoile- pas même en étoile filante.Je n’en avais rien à faire. Je me sentais bien dans le tellurique. » (p. 150)

« Les dialogues envahissaient mon existence. Moi, qui n’avais vécu que par soliloques, commentaires, écrits, exégèses, réflexions en trois parties, remarques inabouties. Parfois, j’avais envie de m’en extraire. C’est sans doute pour cette raison que j’aimais aussi la compagnie de Patrick Lestaing. Il ne cherchait pas la repartie, le terme qui fait mouche, la conclusion définitive. Par moments, il se retirait, c’était marée basse, et je pouvais me promener sur la plage des phrases que nous avions échangées, regarder nos empreintes qui s’effaçaient, écouter le bruit du vent, revenir sur ce que nous avions dit. »(p.160)

Jean-Philippe BLONDEL, Un hiver à Paris, Buchet-Chastel, 2015

De Jean-Philippe Blondel, je n’ai lu jusqu’à présent qu’un roman pour ados, Blog, que je n’avais pas vraiment aimé, pour cause de manque d’émotion justement… mais (est-ce parce que c’est Paris, est-ce parce que j’ai entendu parler un peu d’une demoiselle qui a fait hypokhâgne à Paris ?) je pense que je poursuivrai plutôt du côté de ses romans adultes. Et ce titre m’a donné l’idée d’une petite série consacrée à… l’hiver.

Série Hiver, épisode 1

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