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Présentation de l’éditeur :

Lieu hautement symbolique, Compostelle attire chaque année des milliers de pèlerins à travers l’Europe. Blanche, Céline et Alexandre vont, eux aussi, emprunter ce chemin à un moment de leur vie. Dépositaire d’un savoir précieux auquel son grand-père alchimiste l’a initiée, Blanche part de Belgique sur ses traces, après qu’il eut été retrouvé sans vie sur une plage près de Compostelle.

Le point de départ de Céline se situe au Mont-Saint-Michel, où elle a commencé son noviciat. Quant à Alexandre, guide de montagne dans les Alpes suisses, c’est le décès de Margaux qui va le jeter, lui aussi, sur cette route pleine de questions, mais peut-être aussi de réponses.

Au fil de ces voyages initiatiques et de ces destins croisés, Jean-Claude Servais nous emmène avec lui, pour un récit en sept albums, sur les chemins de France et nous fait découvrir des paysages sublimes et des lieux nourris de culture, d’histoire et de mystères.

Alors que le tome 3 vient de paraître, je démarre seulement la découverte de ces Chemins de Compostelle mais je retrouve Jean-Claude Servais dont j’ai lu, bien sûr, il y a tellement longtemps, Tendre Violette à laquelle il fait référence en ces pages.

Ce premier tome met en place les quatre personnages que nous allons suivre au long du pèlerinage vers le Campo stellae, le champ des étoiles. Dans ce premier volet, un accent particulier est mis sur Blanche, la Belge, qui démarrera de la Grand-Place de Bruxelles. Dès son enfance, Blanche a été nourrie des histoires et des traditions alchimistes transmises par son grand-père brasseur (à qui le vrai Bernard Tirtiaux a bien voulu prêter ses traits). J’ai été assez ébahie par une visite de la fameuse Grand-Place sous l’angle des symboles de l’alchimie.

Les trois autres marcheurs sont Céline, novice au Mont Saint-Michel (saint Michel terrassant le dragon se trouve aussi au sommet de la flèche de l’Hôtel de ville de Bruxelles), Alexandre, poussé à partir de Suisse après plusieurs décès de proches, et Dominique qui, pour des raisons encore mystérieuses, démarre du Finistère breton pour arriver au Finisterre espagnol. C’est l’occasion pour Jean-Claude Servais de montrer à quel point le pèlerinage initial, qui existe depuis le Moyen Age (où il a connu son apogée du XIè au XVè siècle), s’est renouvelé, a repris des couleurs différentes depuis les années 1980. L’auteur veut également évoquer d’autres mystères que ceux de la foi, qui expliqueraient cet engouement pour le Camino : il montre les similitudes architecturales, symboliques entre différents lieux européens, qui « supposent peut-être la présence antérieure, sur les chemins, d’une civilisation gréco-latine ou celte, que l’Eglise aurait cherché, par le mythe de Saint-Jacques, à récupérer et à christianiser. » « Pour d’autres, ce voyage vers la Galice espagnole porte avant tout la trace d’un voyage initiatique qui prend ses sources dans l’Alchimie. » (Source : explications en fin d’album)

Quel bonheur de retrouver le dessin de Jean-Claude Servais, sublimé par les couleurs de Raives. Finesse, raffinement des détails, beauté des visages, ampleur des paysages, jeux de lumière, tout est au service du récit, très bien documenté (on parcourt à travers cet album plusieurs monuments du patrimoine et c’est magnifique), et des personnages.  Une profonde humanité se dégage de ces planches aux dialogues parfois un peu bavards, c’est mon seul bémol, mais il faut bien expliquer au lecteur novice les secrets de l’alchimie. Quant aux secrets des quatre marcheurs, ils se révéleront sûrement dans la suite que j’ai hâte de lire.

Jean-Claude SERVAIS, Les chemins de Compostelle, tome 1 – Petite licorne, Editions Dupuis, 2014

(La toute première planche)

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