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Quatrième de couverture :

Tout à prouver et aucun droit à l’erreur : devenu directeur de la Special Branch, Thomas Pitt est seul aux commandes. Lorsqu’il reçoit des informations à propos d’un projet d’attentat visant un Habsbourg sur le sol britannique, Pitt doit redoubler de vigilance. Sa carrière et la paix de l’empire ne tiennent plus qu’à un fil et aux souvenirs d’une aventurière italienne…

Dans cette 27è enquête, Thomas Pitt est devenu directeur de la Special Branch (il est en quelque sorte l’ancêtre de M au service spécial de Sa Majesté la reine Victoria 😉 ) mais il est tourmenté par les doutes : sera-t-il à la hauteur de la fonction ? Sera-t-il capable de réagir  uniquement avec son cerveau et de prendre des décisions rapides et tranchantes si nécessaire, lui qui reste dans l’âme un policier plein d’humanité ? Son anxiété est partagée en secret par Charlotte, avec qui il ne peut plus partager les difficultés secrètes de son travail mais qui est prête à tout faire pour l’aider et l’assurer de sa confiance. Dans l’ombre, tante Vespasia et Victor Narraway (le prédécesseur de Pitt qui s’ennuie désormais comme un rat mort à la Chambre des Lords) sont là aussi pour assister discrètement Thomas.

Le contexte historique mis en place par Anne Perry ressemble comme deux gouttes d’eau à celui qui a amené la Première guerre mondiale : nous sommes en 1896, l’empire austro-hongrois finissant assure quand même la cohésion de peuples antagonistes,  l’empire russe est sur le déclin, la Prusse gagne en puissance et l’empire britannique vit sur sa gloire. L’annonce d’un probable attentat contre un obscur duc habsbourgeois sur le sol anglais risque de précipiter tout ce beau monde dans un conflit sanglant aux conséquences imprévisibles et néanmoins terribles. Avouez que tout cela rappelle furieusement l’attentat de Sarajevo en juin 1914. Mais cela ne manque pas de pertinence puisque nous savons que les puissances européennes s’agitaient depuis la fin du 19è siècle et qu’un rien suffisait alors pour mettre le feu aux poudres.

Ajoutons à cela le fait que le moindre faux pas pourrait évidemment se retourner contre Thomas Pitt et la Special Branch et le suspense se densifie. Bien sûr, Anne Perry prend tout son temps pour dérouler son intrigue et amener parcimonieusement des éléments nouveaux qui font avancer l’action. Mais n’oublions pas qu’internet et les téléphones portables n’existaient pas à l’époque – après tout, cela fait du bien de prendre son temps… de temps en temps et je n’ai pas boudé mon plaisir même si, à la fin, on se doute de qui tire les ficelles de ce complot dans l’ombre.

Anne PERRY, Dorchester Terrace, traduit de l’anglais par Florence Bertrand, 10/18, 2012

                

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