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Quatrième de couverture :

1913. Sur un bateau en partance pour l’Australie se trouve une petite fille de quatre ans, seule et terrorisée. Le navire lève l’ancre et elle se retrouve à Brisbane. Si le secret de son débarquement est religieusement gardé par ses parents adoptifs, ceux-ci décident, le jour de ses 21 ans, de révéler à Nell les circonstances étranges de son arrivée dans la famille. Les questions se bousculent alors. Bouleversée, elle va devoir entreprendre un long voyage vers ses origines. Une quête difficile pour lever le voile sur près d’un siècle d’histoire familiale…

Il y a longtemps que ce roman traînait dans ma PAL (je crois avoir découvert Kate Morton grâce aux blogs, au tout début que je bloguais, ça va faire sept ans demain !) et il s’est révélé une agréable lecture d’été, dépaysante à souhait.

Nous voyageons dans le temps, en 1913, année où une petite fille perdue se retrouve sur le port de Maryborough et est adoptée par un couple alors sans enfant, en 1975-76, où la petite Nell devenue adulte part à la recherche de ses origines, en 2005, quand Cassandra, la petite-fille de Nell, continue l’enquête inachevée de cette dernière. Nous voyageons aussi de l’Australie à la Cornouaille anglaise, du pays adoptif au pays originel.

Ce roman met principalement en scène des femmes (les hommes sont un peu falots dans cette histoire), Nell et Cassandra, Rose et Eliza, Georgiana et Adeline, femmes d’hier et d’aujourd’hui qui jouent un rôle dans la transmission de l’héritage, dans la construction des secrets et dans leur révélation – et d’autres qui jouent de petits rôles révélateurs comme Mary ou Robyn ou encore l’infâme Swindell. Des femmes naturelles, libres, audacieuses ou des femmes blessées, corsetées, enfermées dans les ambitions et les conventions. Des femmes dont les destins s’appellent, se répondent, se fient, se rejoignent par delà le temps et l’histoire de la famille Mountrachet.

Comme le titre français (et anglais « The forgotten garden) l’indique, le jardin ou plutôt les jardins ont un rôle important, fondateur : le labyrinthe et le jardin clos, voisins, symbolisent la liberté et la quête des origines, les mystères et les embûches. Des jardins qui, malgré l’oubli et la végétation envahissante, gardent l’empreinte des origines et révèlent peu à peu leurs secrets enfouis.

Ainsi, comme la Conteuse, en passant sans cesse d’une année et d’un personnage à l’autre, Kate Morton construit une histoire-puzzle dont les pièces se mettent en place sans répit (vous me direz, elle ne pouvait pas adopter une autre forme de narration, sans quoi le suspense serait mort). Les pages se tournent toutes seules jusqu’à la révélation finale (qu’on peut un peu deviner, certes, mais cela ne gâche pas le plaisir).

« On se construit sur ce qu’on a, pas sur ce qui nous manque » dit un des personnages. Parfois le sentiment de manque, de perte est tellement lourd qu’il domine tout, il peut détruire plutôt que construire ; parfois les aléas de la vie permettent de reconstruire, de repartir sur de nouvelles bases. C’est la leçon de cette belle lecture de vacances, riche en émotions.

Kate MORTON, Le Jardin des secrets, traduit de l’anglais (Australie) par Hélène Collon, Presses de la cité, 2008 (et Pocket, 2009)

691 pages de texte dans mon édition Pocket, ce qui fait que je peux valider au moins un pavé dans le Challenge Pavé de l’été organisé par Brize.

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