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Quatrième de couverture :

Dans l’aube fantomatique de l’hiver parisien, la Brigade fluviale découvre une barque amarrée au quai des Orfèvres. A l’intérieur, le cadavre d’une jeune femme drapée de blanc et la carte de visite d’un célèbre parfumeur.

Le commandant Desprez de la Criminelle, aidé de la Fluviale, se trouve embarqué dans une enquête obsédante. Au fleuve sondé répond la mémoire remuée. La Seine, en ses méandres, charrie de noirs secrets. Alors, l’histoire peut dériver…

En juillet, j’ai passé deux jours à Paris, c’était l’occasion de sortir de ma PAL ce premier roman d’Ingrid Astier à la Série noire. Comme par hasard, il faisait très chaud ces jours-là et Quai des enfers m’a transportée dans une atmosphère de froid polaire sur les bords de la Seine : le dépaysement (et le rafraîchissement) peut prendre de multiples visages ! Tiens, des visages, il y en a de bien jolis parmi les mortes que charrie le fleuve : l’équipe du commandant Desprez est narguée sous ses propres fenêtres puisque le premier cadavre est découvert à l’aplomb des bureaux du 36 quai des Orfèvres. L’enquête va investiguer dans les milieux de la mode, de la parfumerie, de l’art contemporain et va croiser des personnages vénéneux des nuits parisiennes nourries de drogue et de heavy metal. C’est passionnant parce qu’on sent qu’Ingrid Astier aime la Seine et Paris, qu’elle s’est documentée très soigneusement sur la Brigade fluviale, les méthodes de la Crim’, la pêche, la parfumerie, l’art contemporain pour ne citer que ces thématiques. Elle offre aussi de nombreuses références historiques ou mythologiques. Elle prend son temps pour installer son histoire et son ambiance glaçante à travers le travail d’une équipe assez sympathique mais elle ne ménage pas son lecteur en lui offrant des rebondissements, tant prévisibles qu’inattendus. Ajoutez à cela un style travaillé, imagé et musical parfois – et pour ceux qui aiment ça, une play-list très actuelle et bien fournie – et vous aurez la recette d’un polar maîtrisé. A lire en hiver si vous préférez accorder la saison de lecture à l’intrigue.

« Quai de la Rapée.

Un drôle de nom où finissaient les morts violentes, subites ou suspectes. Des qualificatifs qui débutaient comme la vengeance, le venin, la vipère, le sexe, les sévices ou les supplices. La Rapée, on ne savait plus vraiment si c’était un commissaire des guerres civiles de Louis XV ou un vin de piquette qui grisait l’esprit : un vin de râpure autrement nommé rapé. En tout cas, avant les tremplins bétonnés et la dentelle métallique du pont, s’épanouissaient des vignes, des marronniers et même un étang : l’étang du Berci, quand l’eau se la filait douce depuis Montreuil avant d’embrasser la Seine. Un temps s’égaya une guinguette : la guinguette des Grands Marronniers, où l’on venait danser pour se goinfrer de matelote et de friture. Aujourd’hui, on était loin de l’orangerie et de la ménagerie du sieur de la Rapée. 

Pourtant, la morgue valait tous les cabinets de curiosités. » (p. 45)

Ingrid ASTIER, Quai des enfers, Gallimard, 2010 (Folio Policier, 2012)

Pour faire bonne mesure, j’ai enchaîné avec un livre en rapport avec le paradis. 😉

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