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J’exige que la race humaine
cesse de multiplier son espèce
et tire sa révérence
je le conseille

Et comme punition et récompense
de cet appel que je lance je sais
que je renaîtrai
le dernier humain
Tous les autres seront morts et moi je serai
une vieille femme sillonnant la terre
grognant dans des cavernes
dormant sur des nattes

Et parfois je caquetterai, parfois
prierai, parfois pleurerai, mangerai & mitonnerai
sur mon petit four
dans le coin
« Bah je l’ai toujours su »,
dirai-je
Et un matin ne me lèverai pas de ma natte

Jack KEROUAC,  Poèmes, traduit de l’anglais par Philippe Mikriammos, éditions Seghers, Poésie d’abord, 2002 

Poème découvert chez Schabrières – Vu que les terriens vivent de plus en plus tôt dans l’année à crédit, je trouve l’humour acide de ce texte adéquat…

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