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Quatrième de couverture :

Fredrik Welin, médecin à la retraite, vit reclus sur son île de la Baltique. Une nuit, une lumière aveuglante le tire du sommeil. Au matin, la maison héritée de ses grands-parents n’est plus qu’une ruine fumante.
Réfugié dans la vieille caravane de son jardin, il s’interroge : à soixante-dix ans, seul, dépossédé de tout, a-t-il encore une raison de vivre ?
Mais c’est compter sans les révélations de sa fille Louise et, surtout, l’apparition d’une femme, Lisa Modin, journaliste de la presse locale.
Tandis que l’hiver prend possession de l’archipel, tout va basculer de façon insensible jusqu’à l’inimaginable dénouement…

Après Les chaussures italiennes, Henning Mankell nous offre, dans son dernier roman, publié à titre posthume, l’occasion de retrouver l’univers de Fredrik Welin, son île, la nature de son archipel, ses habitudes de vieux solitaire. Mais son univers bascule la nuit où sa maison brûle complètement. Très vite, l’enquête détermine que l’incendie est d’origine criminelle. Pendant de longues semaines, Fredrik va vivre non seulement avec cette perte immense (la maison avait été construite par ses grands-parents) mais aussi avec le soupçon qui pèse sur lui, celui d’avoir lui-même bouté le feu à sa maison. Fragilisé, Fredrik fait appel à sa fille Louise, aussi mystérieuse et secrète que son père. Dans le même temps, il fait connaissance de Lisa Modin, une jeune journaliste locale. Encore une fois, ce sont deux femmes qui vont secouer et ressusciter de manière peu conventionnelle la vie du septuagénaire.

La vie et la mort, les secrets et les mensonges, le désir et le doute, les apparences et la réalité des vies se côtoient dans ce roman sobre, où Fredrik se révèle d’autant plus attachant qu’il est tellement humain, à la fois fragile et déterminé, tantôt empathique tantôt colérique. Sa vie semble se défaire autour de lui, être cernée de très près par la mort mais elle va trouver des voies de renaissance tout au long du roman.

Des objets symboliques prendront place dans ce processus : une boucle de chaussure, une miniature dans une bouteille, ainsi que les rochers qui peuplent l’île de Fredrik. Et les bottes suédoises, bien sûr.

En mettant en scène un personnage qui ne sait s’empêcher de mentir, Mankell pose subtilement l’art de la fiction, l’art du romancier qui invente sans cesse des histoires. Je me réjouis de n’avoir encore lu que bien peu de celles-ci, pour retrouver cet homme si plein d’humanité.

« Elle [Louise] était pour moi une énigme. Mais je faisais partie d’elle comme elle faisait partie de moi. C’était un récit qui venait à peine de commencer. » (p. 255)

Henning MANKELL, Les bottes suédoises, traduit du suédois par Anna Gibson, Seuil, 2016 (et Points)

La rentrée littéraire 2017 commence à chauffer un peu partout mais je m’en tiens assez à l’écart pour le moment avec ce roman de la rentrée… 2016. Avec ce titre déniché en bibliothèque, j’inaugure ma participation au Challenge nordique proposé par Margotte (bon, je ne désespère pas de faire baisser un peu ma PAL scandinave mais parfois, la bibli ça a du bon aussi).

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