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Présentation de l’éditeur :

Jean-Christophe Rufin a suivi, à pied, sur plus de huit cents kilomètres, le chemin du Nord jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle. Beaucoup moins fréquenté que la voie habituelle des pèlerins, cet itinéraire longe les côtes basque et cantabrique puis traverse les montagnes sauvages des Asturies et de Galice.
« Chaque fois que l’on m’a posé la question : ‘‘Pourquoi êtes- vous allé à Santiago ?”, j’ai été bien en peine de répondre. 

Comment expliquer à ceux qui ne l’ont pas vécu que le Chemin a pour effet, sinon pour vertu, de faire oublier les raisons qui ont amené à s’y engager ? On est parti, voilà tout. » Galerie de portraits savoureux, divertissement philosophique sur le ton de Diderot, exercice d’autodérision plein d’humour et d’émerveillement, Immortelle randonnée se classe parmi les grands récits de voyages littéraires.

Que ce soit dans le roman ou dans la non-fiction comme dans ce récit de marche, l’écriture de Jean-Christophe est toujours plaisante, son esprit analytique, son intelligence fine sont toujours à l’oeuvre pour relire l’aventure vécue sur les chemins de Compostelle. La relecture, c’est toujours un moment important dans ce genre d‘expérience. Même si l’auteur se défend de toute démarche religieuse, il explique bien tous les aspects du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, historiques et religieux, contemporains et plus laïques. Moi qui me recroqueville intérieurement à la simple idée d’entreprendre un tel périple, j’ai aimé parcourir la route la moins fréquentée des Pyrénées jusqu’au terme du voyage (Rufin veut éviter à tout prix le « Camino frances », sorte d’autoroute à pèlerins) et éprouver les trois stades de la marche : la souffrance des pieds, dès le départ, qui préoccupent le marcheur pendant une semaine au moins avant qu’il ne se décide à des solutions simples, ensuite l’éveil spirituel, favorisé par les paysages et le nombre de petites églises romanes sur la route, enfin une sorte de détachement, de lâcher prise, une forme d’ascèse où la marche devient un style de vie et où le pèlerin, croyant ou non, s’ouvre réellement à ses semblables sur le chemin (pour cette dernière semaine, la compagne de Jean-Christophe le rejoint et cela donne lieu à quelques quiproquos savoureux). J’ai aimé l’humanité de ce chemin, des rencontres, et j’ai souvent souri aux nombreuses anecdotes savoureusement racontées par l’Académicien, devenu pour l’occasion un pèlerin lambda avec des problèmes d’orientation et de chaussettes… universels.

Jean-Christophe RUFIN, Immortelle randonnée – Compostelle malgré moi, Editions Guérin, 2013

Le livre de Paolo Rumiz m’a fait sortir de ma PAL quelques livres consacrés à la marche – c’est donc la lecture 1 d’une semaine « Marche ». (Lectures faites cet été)

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