Quelle joie de retrouver ce mois québécois ! L’occasion de sortir les achats faits en début d’année à la foire du livre. Parmi ceux-ci, un roman de Michèle Plomer, que j’avais découverte il y a trois ou quatre ans avec sa superbe trilogie Dragonville (grâce au passionnant et passionné libraire Billy Robinson, sans qui je n’aurais jamais eu la curiosité de me plonger dans cette lecture). En début d’année, j’avais très envie de retrouver cette auteure et – hasard, coïncidence ou signe du destin –, le premier roman que les libraires québécois m’ont conseillé à la foire du livre de Bruxelles fut Etincelle.

C’est avec la fébrilité et l’excitation d’un enfant devant l’arbre de Noël que j’ai commencé ce roman que j’ai lu comme on déballe un cadeau. D’abord, en admirant l’emballage : une jolie couverture, mystérieuse, le visage d’une femme asiatique dont le visage est caché par une photo. Etrange. Alors, on palpe l’emballage pour deviner ce qu’il peut contenir, on le retourne et on lit la quatrième de couverture. Une quatrième qui en dit beaucoup et qui, pourtant, ne dit pas l’essentiel. Parce que ce roman, c’est une histoire, bien sûr, forte. Mais c’est surtout le récit de cette histoire, c’est surtout l’émotion qui l’empreint et qui naît dans le cœur du lecteur, c’est le tourbillon d’images qui se fait jour, c’est à la fois l’émerveillement et l’incompréhension face à la complexité de la culture chinoise dans ce qu’elle a à la fois de plus beau, de plus insupportable et de plus opaque. C’est une amitié magnifique. C’est cette lumière qui irradie chaque page à travers la magnifique Song, belle, battante, si forte et si rayonnante. Une étincelle de vie pour contrer l’étincelle de mort qui a brûlé sa peau, l’a clouée sur un lit se sable à la merci des médecins, dépendante, mais farouchement décidée à retrouver son corps, à se relever, à marcher, à faire naître la vie de ce ventre calciné.

Difficile d’en dire plus, si ce n’est vous inviter à découvrir Michèle Plomer au plus vite, si vous ne l’avez pas encore lue ! Et le premier paragraphe de la quatrième de couverture :

À Shenzhen, par un soir tranquille, une jeune Chinoise déballe les ingrédients requis pour la préparation d’un mapo dofu. Délicatement, elle tranche les légumes en rondelles égales, l’esprit à demi tourné vers la voix de Leonard Cohen, en trame de fond dans son logement de fonction. Quand s’évanouissent les dernières notes de Suzanne, la jeune femme tourne le bouton de la cuisinière pour allumer le gaz. Et tout saute.

Etincelle, Michèle Plomer, Ed. Marchand de feuilles.

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