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Toujours au bord.
Mais au bord de quoi ?

Nous savons seulement que quelque chose tombe
de l’autre côté de ce bord
et qu’une fois parvenu à sa limite
il n’est plus possible de reculer.

Vertige devant un pressentiment
et devant un soupçon :
lorsqu’on arrive à ce bord
cela aussi qui fut auparavant
devient abîme.

Hypnotisés sur une arête
qui a perdu les surfaces
qui l’avaient formée
et resta en suspens dans l’air.

Acrobates sur un bord nu,
équilibristes sur le vide,
dans un cirque sans autre chapiteau que le ciel
et dont les spectateurs sont partis.

Roberto JUARROZ, Treizième poésie verticale, traduit de l’espagnol (Argentine) par Roger Munier, José Corti, 1993

Un mois en Amérique du Sud avec Marilyne

Poème trouvé chez schabrières

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