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Quatrième de couverture

Qu’est-ce que découvrir South Carolina morning, l’une des plus étonnantes toiles de l’artiste américain Edward Hopper, peinte en 1955 ? Ca n’est sans doute pas procéder à l’énième commentaire d’une oeuvre picturale, et l’ouvrage de Katherine L. Battaiellie échappe de fait à cette impasse en empruntant des sentiers peu courus. Peut-être la position critique de Daniel Arasse en est-elle l’une des clés, lorsqu’il déclarait, à propos de sa découverte de la peinture, à l’âge de quatorze ans : « C’est là que j’ai compris qu’une image pouvait penser. J’étais admiratif et je me disais : Non seulement ça raconte une histoire, mais ça la pense. » C’est dans cette perspective, sans doute, que le texte de Katherine L. Battaiellie se joue des catégories de la fiction et de l’essai pour engager, de manière étonnante, une sorte de réflexion imaginative, parfaitement servie par la rigueur et la sensibilité d’une écriture unique, grâce à laquelle nous pénétrons au coeur du silence, au coeur du drame et de la mélancolie dont est empreinte cette oeuvre majeure de la peinture du XX! siècle.

Un court billet sur ce joli cahier de 42 pages sur papier crème, sans agrafes, la couverture de plastique (comme celles qui recouvraient nos cahiers d’enfants) tenant lieu de reliure, avec au centre la reproduction soignée du tableau d’Edward Hopper sur lequel écrit Katherine Battaiellie, enseignante à Lyon (et aussi poétesse par ailleurs). Les éditions Marguerite Waknine sont basées à Angoulême et se déclinent en trois collections : les cahiers de curiosité, le  cabinet de dessins et les livrets d’art auxquels appartient ce cahier.

J’ai aimé lire cette « méditation » au langage calme, équilibré et curieux, bien sûr. Evidemment j’étais bonne cliente car j’aime beaucoup le peintre Edward Hopper et aussi parce que j’ai suivi un cours d’analyse esthétique et que j’ai retrouvé dans le questionnement de Katherine Battaiellie les différents procédés techniques qui permettent d’étudier une oeuvre en 2D : la couleur, la perspective, les formes géométriques, les lignes directrices notamment. L’auteure mêle ces procédés aux ‘interrogations sur le sujet mystérieux du tableau, par exemple : qui est cette femme ? pourquoi porte-t-elle ce chapeau et ces jolis escarpins au milieu de nulle part ? qu’y a-t-il au bout de cet horizon aux couleurs primaires ? Elle se met dans la peau de ce personnage et se plaît à aller et venir dans le tableau, nourrissant sans cesse ses questions. Qui deviennent les nôtres tant sa lecture du tableau est passionnante.

Katherine L. BATTAIELLIE, Hopper : South Carolina, éditions marguerite waknine, 2016

Le site de l’éditeur

C’est grâce à la curiosité dAriane, la libraire de TuliTu, que j’ai découvert cette collection !

Edward HOPPER, South Carolina morning, 1955

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