La terre un est OUF géant

Faut cesser tout ça OUFaut cesser tout ça OUFaut cesser

Dit la femme qui dit OUFaut cesser les moteurs

OUFaut s’asseoir sur les trottoirs

OUFaut faire grève à la vie sans trêve

 

OUFaut faire grève à la vie sans trêve ! Voilà le soupir que j’ai poussé et la décision que j’ai prise il y a quelques semaines et qui explique pourquoi je n’ai pas envoyé ce billet à temps pour le rendez-vous poésie du 1er avril et pourquoi j’ai attendu la mi-avril pour mes premiers billets (et peut-être les seuls, je verrai, en fonction de mon humeur et du temps dont je dispose et qu’il fait dehors). BREFaut cesser de se mettre la pression et s’octroyer un peu de répit de temps en temps, c’est assez agréable et grandement vital. N’hésitez pas à tenter l’expérience !

OUF, c’est de la poésie qui souffle, de la poésie qui respire, qui court, sans jamais s’essouffler.

OUF, c’est le souffle de la vie, du premier cri au dernier souffle comme une espèce de collier / qui lie entre elles toutes les perles de l’existence, en passant par celui de la femme qui est essoufflée de courir/ranger/allaiter/jouer/administrer/promener/sourire/aimer/cuisiner/courser… et de l’amante A fleur de peau je suis à fleur de peau à fleur de vous je suis à fleur de peau de vous à fleur de nous à fleur de moi à fleur d’émoi à fleur d’eau à fleur de source à fleur de vagues et de remous à fleur de tremblez-moi tremblez encore tremblez en moi à fleur de moi de vous je suis à fleur de flou et de raison

OUF, c’est le temps qui passe dans un souffle, c’est la terre qui tourne, c’est le quotidien banal et répétitif de la gondolière qui à Venise n’ira jamais.

OUF, c’est le regard de la poétesse sur l’infime de nos vies, sur l’intime et l’éphémère de nos existences d’hommes et de femmes, sur l’humanité d’un geste : Moi j’ai abandonné mon pays / il y a presque vingt ans / De plus en plus, je répare /des choses très difficiles / pour être en paix / avec mes origines / Tous ceux qui ne sont plus là / tu rentres dans leur espace très intime / alors moi l’américain j’y ai posé / un peu de mon intimité.

OUF, c’est le souffle des mots, des émotions qui nous relient à ceux qui nous ont précédé, à ceux qui nous entourent, à ceux qui viendront après nous.

OUF, c’est un recueil de textes à lire… et à écouter, car Laurence Vielle, qui fut élue notre poétesse nationale en 2016, est une poète-diseuse […] Elle écrit-dit, comme l’écrit Claude Guerre en préambule. Et le CD offert est un régal à écouter et à réécouter, car la voix de Laurence Vielle et l’interprétation qu’elle offre de ses textes sont de véritables cadeaux.

OUF, Laurence Vielle, Maelström Reevolution

Publicités