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Quatrième de couverture :

Quel est le secret d’Anita Beauthier ? Rien ne la prédestinait à rencontrer Nourreddine, élève en difficulté dans une école de la ville et à lier avec lui une relation faite de crainte et de tendresse.

Rien ne laissait penser non plus que Simon, beau-frère d’Anita, homme solitaire et taciturne, rencontrerait Nathalie, la voisine, trahie par son mari.

Histoire d’un bonheur est le récit de ces rencontres improbables, porteuses de vraies questions : qu’est-ce que le bonheur ? Et comment se libérer des conventions d’une vie toute tracée pour découvrir, peut-être, son propre chemin ?

Histoire d’un bonheur est un roman choral qui commence et se termine par la voix d’Anita Beauthier, femme que l’on croit parfaitement heureuse, équipée, éduquée pour être une parfaite bourgeoise fière de son mari et de ses enfants. Mais en réalité, on sent un combat de tous les instants pour rester dans les clous, on devine l’aveuglement d’Anita sur ce qu’elle pense être le bonheur et on comprend qu’elle souffre sans doute de troubles bipolaires bien camouflés par les médicaments. Mais voilà qu’elle arrête son traitement et que tout s’enraye devant ce qu’elle appelle la « maladie » de son fils adoré.

« C’est pourquoi aujourd’hui il faut dire non, lutter contre cette morosité ambiante, ce gris qui s’insinue partout autour de nous – sauf dans ma cuisine où c’est ravissant. Oui, il est possible de vivre heureuse, contente et épanouie et de le faire savoir. Oui, il est essentiel de rester positif et de s’attacher à la beauté qui nous entoure comme autant de bulles de bonheur. »

Nourreddine n’aurait jamais dû rencontrer celle qu’il va tendrement appeler Mamita, lui qui, à treize ans, croupit sur les bancs de l’école primaire et est déjà un petit délinquant qui a bien compris que le modèle de bonheur standard proposé par la société de consommation n’est pas pour lui.

« Même ça commence à bien m’exciter, cette histoire, parce que j’en viens à penser que moi aussi, avec un peu de chance, je pourrais devenir quelqu’un si je le veux, y a pas que les autres que moi qui ont un avenir. Napoléon, au départ, c’était un rien du tout, un immigré qui ne parlait pas le français, pas un Arabe quand même, mais un étranger qu’on ne regardait même pas. »

Nathalie, la voisine d’Anita, subit de plein fouet la trahison de son mari et celle du quotidien qui a englouti son bonheur conjugal. C’est le personnage de la partie centrale du roman, écrite non pas en je mais en tu, accentuant sa détresse et ses désirs de femme.

« Je voyais une autre vie, une vie où tout va lentement, où tu tournes autour de ce que tu attends tout doucement parce que tu sais qu’au bout du chemin ça finira bien par te sourire, où tu fais des efforts jour après jour comme une poignée de petits cailloux, où tu encaisses sans broncher pour finalement la rafler un jour comme tout le monde ta part de lumière. La part à laquelle tu as droit. »

Enfin Simon, le beau-frère d’Anita au visage ravagé par un accident, éducateur dans l’école de Nourreddine, subit les choses, il croit que le bonheur lui est devenu inaccessible. Mais ne suffit-il pas de composer avec ce que l’on a, avec ce que l’on est pour être heureux ?

Dans ce récit vif, au langage pétillant, Geneviève Damas joue avec des images, des rêves de bonheur. Sous l’histoire pleine d’humour, avec sa délicieuse capacité à se glisser dans la peau de ses personnages si différents, elle pose la question de savoir comment être soi, sans se conformer aux modèles tout faits, aux conventions sclérosantes. Et si la fin n’est pas complètement un dénouement heureux, elle a réussi à faire bouger certaines lignes…

Il m’a fallu bien du temps pour lire ce deuxième roman de Geneviève Damas… J’avais peur d’être déçue tant j’avais aimé Si tu passes la rivière. J’avais tort, j’ai passé un très bon moment de lecture, un beau moment d’humanité.

Geneviève DAMAS, Histoire d’un bonheur, Arléa, 2014

 Mot positif

 

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