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Quatrième de couverture :

Dolly va épouser Owen dans quelques heures. Elle se préparer en versant du rhum dans son verre à dents, les cousins se chamaillent, les premiers cadeaux arrivent, et Joseph guette celle à qui il n’osa se déclarer l’été précédent. « Un petit livre par sa taille, mais grand par sa perfection, plein de la cocasserie des situations douloureuses… » Ce « bijou oublié de la littérature anglaise » (Livres-Hebdo) fut publié à l’origine en 1932 par Virginia Woolf, qui en disait : « Un très joli texte, intelligent, acide, franchement assez remarquable ».

127 pages, pas une de plus et tout un drame se joue par une piquante journée de mars où le soleil et le vent se disputent les faveurs du climat anglais. Un drame ou une comédie, c’est selon le point de vue. Une jeune femme se marie, son fiancé semble un brave garçon honnête, la maison est remplie d’invités, de cousins, de soeurs, de tantes, tous plus excités les uns que les autres, les domestiques semblent n’en faire qu’à leur tête, sous le regard de la mère de la mariée qui semble avoir totalement perdu le contrôle de la situation.

Julia Strachey, qui n’est autre que la nièce de l’écrivain et critique Lytton Strachey, a l’habileté de mettre la fiancée en scène au bout de 49 pages déjà. Et elle traîne, Dolly, elle n’est pas encore prête pour la cérémonie, elle est même en train de se saouler lentement, on la sent songeuse, nostalgique… tandis qu’un invité, Joseph, tente jusqu’à la dernière minute de parler à Dolly avant le mariage.

Drame ou comédie, vous disais-je : en fait, Dolly et Joseph devraient se parler, devraient affronter leurs sentiments, leurs souvenirs, leurs sensations, mais il est bien trop tard et surtout, autour d’eux, gravitent des personnages secondaires qui font tout pour se tourner la tête avec toutes les préoccupations « frivoles » liées à un mariage. Et c’est cela qui rend ce court roman si cruel (et si fin). Aucun des personnages ne veut ou n’ose considérer ni exprimer ses sentiments en profondeur ; c’est sans doute une attitude typiquement britannique : maintenir les apparences à tout prix et garder ses sentiments personnels pour soi, enfouis au plus profond. Quand quelqu’un ose perturber le cours des choses, c’est tellement ébouriffant qu’on se demande si cela est vraiment arrivé.

Ajoutez à ce drame en sourdine une pincée d’humour anglais (aux couleurs de bonbons anglais d’ailleurs, une chaussette verte, une chambre lilas) et vous avez un roman charmant, une pépite so typically british, tout ce qui fait le charme de ce mois de juin.

Julia STRACHEY, Drôle de temps pour un mariage, traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff, Le Livre de poche, 2013 (Quai Voltaire, 2008)

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