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Quatrième de couverture :

À première vue, les protagonistes de ce recueil sont peu ambitieux. Ils essaient de garder leur job et leur conjoint, de réussir leur divorce, d’éduquer les enfants, de soutenir un proche, de se pencher sur un mourant… Ils espèrent être appréciés et vivre en harmonie avec leur entourage. Rien d’extraordinaire. À première vue. Car les relations humaines sont rarement simples.

Souvent honteux de leurs peurs et de leurs faiblesses, ces personnages nous touchent parce qu’ils nous ressemblent dans leur désir, si souvent contrarié, de « bien faire ».

Ce ne sont pas moins de vingt-deux nouvelles qui émaillent ce recueil de Jacqueline Daussain, le deuxième qu’elle publie chez Quadrature. Des textes courts, de deux à sept-huit pages, dont de nombreuses nouvelles à chute. C’est la première qui donne son titre au livre, où une quadra toute fraîche reçoit des marques de gentillesse inattendues dans le bus et dans la rue ; elle se rend compte que c’est son look « lendemain de la veille » sans maquillage, cheveux sales cachés dans un foulard, qui fait croire qu’elle est gravement malade. Ca fait hurler de rire sa « copine Rita qui rit toujours » et elles se prennent à jouer les malades quand elles ont envie de rire, de s’évader du quotidien et les réactions des gens sont surprenantes…

Cette nouvelle contient tout ce qui fait l’univers de Jacqueline Daussain : des gens ordinaires, la vie de tous les jours, un regard un brin décalé, un langage vif, direct, familier si nécessaire mais jamais choquant tant l’auteure est au plus près de ses personnages. En quelques pages, elle donne vie et profondeur à un personnage, brosse une situation de vie, capte les doutes, les peurs, le désir de bien faire comme le dit si bien la quatrième de couverture. Ca se passe dans un hôpital, dans la rue, dans un home pour personnes âgées, à la maison, ça parle d’amour, de divorce, de vieillesse, de deuil, de bébés, d’adultes et de vieillards : on peut tous reconnaître une situation vécue, une peur, une erreur, une envie, un amour, un désamour. C’est proche de nous mais il y a la petite touche Jacqueline Daussain, inimitable, un grain de fantaisie, un humour, un réalisme parfois féroce, une émotion qui rendent ses nouvelles vraiment attachantes.

On passe par toutes les couleurs des émotions avec ces textes. Je vous en donne quelques exemples pour vous mettre l’eau à la bouche :

Une si grande étendue de peau à caresser m’a fait vibrer et sourire : c’est la résilience, grâce à la découverte de l’écrivain Colette, d’une femme grosse et délaissée par son compagnon.

Ce n’est pas pour une fois m’a touchée : un père divorcé demande à passer plus de temps avec ses deux enfants, il vient d’apprendre que son père est gravement malade et ne sait comment affronter la situation.

Le papa de Pépette m’a fait frémir : une jeune mère est au chevet de son bébé dans le coma, on comprend au fil de ses pensées comment cette petite fille est arrivée là (Britney-Di, ça ne s’invente pas, il fallait bien mettre un peu de sourire dans cette histoire tragique).

Evidemment, la nouvelle qui m’a le plus fait rire est Cadre à Beauneux (Patrick Dupuis, l’éditeur, m’avait prévenue à la Foire du livre : ce livre est à conseiller à ceux qui ont un « petit fond catholique de tradition » – haha) : une employée d’un sanctuaire marial raconte comment elle en est venue à travailler là, « grâce à » un prêtre qui lui a appris, à elle et à bien d’autres Jojo, à discerner les vertus chrétiennes, surtout la chasteté bien sûr.

Vous l’aurez compris, j’ai passé un bon moment en cette Journée mondiale de la gentillesse !

Jacqqueline DAUSSAIN, Le journée mondiale de la gentillesse, Quadrature, 2018

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