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Quatrième de couverture :

Londres, 1910. Tout accable Philip Sidney, diplomate britannique à l’ambassade de Washington, accusé officiellement de détournement de fonds, officieusement d’avoir agressé la fille d’une famille américaine respectée et dérobé un bijou. Chargé de sa défense, Daniel Pitt doute de son client, du dossier, tressé d’étranges coïncidences, et tout autant de luimême : sa propre soeur est proche de la victime. L’affaire en cache bien une autre et lorsqu’un cadavre vient entraver le procès, le jeune avocat se lance dans une enquête dangereuse, aux rouages labyrinthiques. Une histoire de passions, de vengeance et d’idéaux pervertis, qui, dans l’ombre de la Grande Guerre à venir, le mènera jusque dans la Manche, sur la mystérieuse île d’Alderney…

J’ai loupé plusieurs épisodes de la série consacrée à Charlotte et Thomas Pitt et voilà qu’au début de ce Manoir d’Alderney, je découvre qu’on doit dire « Sir Thomas » puisque ce dernier a été anobli par la reine Victoria, que ses enfants sont de jeunes adultes établis dans la vie, Jemima mariée à un Américain d’origine irlandaise, résidant à Washington et mère de deux petites filles, et Daniel, jeune avocat employé par un grand cabinet londonien. C’est lui, Daniel, qui semble devenir le personnage central de la série puisqu’il a déjà plaidé et résolu une affaire très délicate dans Un innocent à l’Old Bailey.

En cet été 1910, Jemima est venue passer un mois à Londres avec son mari Patrick et ses deux enfants, Cassie et Sophie. Mais il semble que le moment de leur séjour n’est pas tout à fait une coïncidence : en effet, on vient d’accuser publiquement pour détournement de fond un jeune homme employé de l’ambassade britannique à Washington ; officieusement, Philip Sidney est accusé aussi d’avoir agressé et volé une jeune héritière américaine. jetant ainsi l’opprobre sur son propre pays qui a organisé sa fuite grâce à l’immunité diplomatique. Mais alors pourquoi un procès public amplifiant la « gêne », le scandale causé par un Anglais à l’étranger, pour un détournement de fonds qui ne s’élève qu’à quelques centaines de livres ? Cela paraît contradictoire et cela se complique quand Daniel, chargé de défendre le jeune homme, apprend que celui-cil aurait tué un autre employé britannique aux Etats-Unis.

Daniel est confronté à un dilemme : assurer la meilleure défense d’un client qui a pourtant – selon toutes les apparences – commis une agression abjecte et rester fidèleà sa famille, particulièrement à sa soeur et à son beau-frère qu’il connaît mal, tous deux proches de Rebecca Thorwood (la jeune fille agressée).

Comme d’habitude chez Anne Perry, une bonne partie de l’enquête semble piétiner sur place, les détails sont révélés au compte-goutte et accompagnent ls atermoiements moraux des différents personnages, bien compréhensibles pour l’époque mais qui génèrent quand même certaines longueurs. Soudain tout s’anime quand Daniel se rend compte que la mort d’une tante résidant dans les îles anglo-normandes (à Alderney) st sans doute liée à l’agression de Rebecca Thorwood. Et là entre en scène un personnage bien intéressant, Miriam fford Croft, fille du patron de Daniel et médecin légiste de son état. En réalité elle ne peut pas exercer puisqu’elle est une femme mais elle met ses compétences au service de l’affaire au cours d’un weekend bien peu conventionnel sur l’ile d’Alderney. Outre le côté très mouvementé de la révélation finale, cette orientation féministe plus marquée dans les romans d’Anne Perry est bien intéressante. Les épisodes suivants nous approcheront sûrement de la Première guerre mondiale et donneront sûrement des éclairages nouveaux sur la situation des femmes à l’époque. De quoi me donner envie de continuer à la lire malgré ses longueurs 😉

Merci à Babelio et à 10/18 pour cette lecture !

Anne PERRY, Le manoir d’Alderney, traduit de l’anglais par Florence Bertrand, 10/18, 2019

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