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Quatrième de couverture :

« S’il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d’expliquer sa vie. »
Elle a fait de son existence une digue pour retenir le passé. Jusqu’à la rupture. Elle est née au pays Basque et a vieilli à Montréal. Un soir de mai 2018, le hasard la ramène brutalement en arrière. Sans savoir encore jusqu’où les mots la mèneront, elle écrit à l’homme de sa vie pour tenter de s’expliquer et qu’il puisse comprendre. Il y a des choix qui changent des vies. Certains, plus définitivement que d’autres. Elle n’a que deux certitudes : elle s’appelle Oyana et l’ETA n’existe plus.

C’est à l’occasion d’une rencontre à la librairie TuliTu que j’ai ouvert le dernier roman d’Eric Plamondon, le premier de lui que je lis. L’auteur a expliqué son parcours d’écrivain, son angoisse d’écrire son premier roman avant 40 ans, la thématique de sa trilogie (des Américains célèbres à l’ascension fulgurante et à la chute un peu brutale), la genèse du roman Taqawan (qui est dans ma PAL) pour arriver à Oyana.

Oyana est un court roman de 147 pages dont le point de départ est la dissolution de l’ETA proclamée officiellement le 3 mai 2018. Une annonce qui fait en quelque sorte imploser Oyana, qui vit en couple au Québec depuis plus de vingt ans. En réalité, elle est originaire du Pays basque et elle a enfoui ses origines au plus secret. La dissolution de l’ETA ouvre les digues d’une longue lettre qu’elle écrit à son compagnon pendant qu’elle prépare et vit son retour en France. Je n’en dirai pas plus, ce serait « divulgâcher ». Sachez que ce roman parle de combats, de violence, de culpabilité mais aussi d’amour. et de liberté J’ai aimé comment Eric Plamondon diversifie les points de vue et mêle à son récit des documents informatifs (extraits de journaux, de discours officiels) bien intéressants (même si l’auteur avoue lui-même qu’on peut contester la validité de certains de ses apports – eh oui, il est romancier avant tout). Je ne savais pas qu’il y avait tant de liens entre le Pays basque et le Québec.

Cette première lecture et la rencontre avec Eric Plamondon ayant été très agréables, je me réjouis de retrouver celui-ci dans Taqawan (et la trilogie me fait e l’oeil aussi…)

« 8 mai 2018
Pour toi, Xavier 
Je te dois un tas d’explications. Ça risque d’être long. J’essaie depuis plusieurs jours de trouver comment le faire. Quoi qu’il en soit, j’ai décidé de ne pas te demander pardon. Ce que je te demande, c’est d’essayer d’au moins comprendre en dépit des raccourcis inévitables.
Je pourrais te demander de me faire confiance, mais tu le fais déjà depuis vingt ans. Et comment te demander cela alors que je me prépare à t’expliquer que tant de choses étaient fausses? 
Pour que tu comprennes dans quel état d’esprit je me trouve, je n’ai pas jeté mes premiers brouillons. Je veux que tu saches mes tâtonnements, que tu saisisses par ces débuts avortés ce que cela me coûte. » (Première page)

Eric PLAMONDON, Oyana, Quidam éditeur, 2019

Challenge Petit Bac – Littérature québécoise, Prénom