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Quatrième de couverture :

Quel est le prix d’une vie ?
Quand on s’appelle Lucky, qu’on a la chance du diable, alors peut-être la mort n’est-elle qu’un défi. Un jeu.
Ils étaient cent quatre-vingt-huit soldats sur la péniche en ce jour de juin 1944. Et Lucky a misé sa vie contre une hypothétique fortune.
Alice, sa fiancée, n’a rien à perdre lorsque, vingt ans plus tard, elle apprend l’incroyable pacte conclu par Lucky.
De la Normandie aux États-Unis, elle se lance en quête de la vérité et des témoins de l’époque… au risque de réveiller les démons du passé.

Ce roman, au départ baptisé Omaha crimes, est le premier écrit (pas le premier publié) par Michel Bussi. Celui-ci a remanié le livre initialement publié par les éditions Les Falaises pour une réédition par les Presses de la cité. J’ai acheté ce bouquin en juin, sur la foi du lien avec le débarquement allié en Normandie et la journée sanglante vécue sur Omaha Beach par les soldats américains ; j’ai d’autres livres en lien avec la Libération et la fin de la guerre, ce sera donc une série thématique (mais je ne lis pas tous les livres en suivant).

Bon, en fait de journée du Débarquement, il en est très peu question, l’important est plutôt le « pari » tenu entre Lucky Marry et Oscar Arlington quelques jours avant le 6 juin 1944 : le premier est un jeune homme solaire,chaleureux, chanceux, heureux fiancé d’Alice Queen, le second est un garçon falot, peureux, poussé dans la guerre par sa mère pour l’honneur de la célèbre famille Arlington. Oscar échange une place mortelle dans l’assaut avec celle de Lucky, moins dangereuse, le tout pour 1,44 million de dollars. Si Lucky meurt, la fortune reviendra à sa fiancée ou à ses parents. Vingt ans plus tard, portant toujours le deuil de son amour mort en Normandie, Alice Queen apprend que le « contrat » n’a jamais été honoré. De son côté, Lison Munier, une jeune Normande a recueilli et soigné un ranger américain laissé pour mort sur la plage, Alan Woe est resté vivre auprès de Lison jusqu’au jour où de mystérieuses lettres le poussent à retourner en Amérique.

Je n’en dis pas plus : c’est le début d’une enquête aux multiples rebondissements et coups de théâtre au cours de laquelle nous suivons (et nous attachons à) Alice Queen et à son délicieux détective privé Nick, nous croisons l’arrogante Emilia Arlington et son coiffeur pour dames (exécuteur pittoresque des ses basses oeuvres), nous cherchons les traces d’un ancien ranger sobrement surnommé La Branlette, autant de personnages sympathiques et attachants ou pathétiques, lâches ou courageux. Des plages de Normandie au fin fond de l’Amérique rurale, les pages se tournent toutes seules jusqu’au « bouquet » final.

Bon, je suis un peu dubitative sur le remaniement opéré par l’auteur après avoir lu deux fois au moins l’expression « sortir dehors » (le b.a.ba du pléonasme, non ?) et certaines coïncidences sont peut-être un peu trop téléphonées mais j’ai passé un bon moment de lecture avec ce récit enlevé aux personnages bien marqués.

Michel BUSSI, Gravé dans le sable, Pocket, 2015 (Presses de la cité, 2014)

#alassautespaves

Libération 44-45 Lecture 1