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Quatrième de couverture :

États-Unis, été 1952. Arthur Wise, l’un des plus puissants avocats du pays, s’offre une maison à Bluepoint, un village de pêcheurs de Cape Cod. Hilton, son fils de dix-sept ans, se lie d’amitié avec Lem Dawson, le « boy de couleur » chargé de l’entretien des lieux. Lorsque l’adolescent tombe amoureux de Savannah, la nièce de Lem, il ne sait pas encore que l’innocente idylle va tourner au drame, lui révélant la face cachée de son père. Des années plus tard, hanté par le souvenir de la jeune fille qu’il n’a jamais oubliée, Hilly part à sa recherche. Mais la culpabilité et les bonnes intentions peuvent-elles racheter le passé ?

La quatrième de couverture était très alléchante quand j’ai acheté ce roman il y a quatre ans et la lecture n’en a pas été désagréable mais je suis restée sur ma faim.

Les thématiques annoncées ou découvertes sont intéressantes : le rêve américain avec cet avocat dont la carrière décolle grâce à un accident d’avion et qui va dès lors gagner de l’argent à flots en se spécialisant dans les catastrophes aériennes ; les rapports père-fils, avec le père, Arthur, totalement décomplexé et le fils, Hilly qui, encore ado, observe la montée du père avec des sentiments ambivalents et qui, devenu adulte, va résister de toutes ses forces à cet argent dominateur ; la ségrégation raciale bien présente dans les années 1950 et ces rapports eux aussi ambivalents entre Hilly et Lem Dawson, le « boy » de sa famille à Cape Cod ; la culpabilité que Hilly portera toute sa vie comme un boulet qui l’empêche d’avancer ; la trace indélébile des amours adolescentes. Et bien sûr, le tout se déroule au Cape Cod, sur fond de dunes et d’air marin (qui n’empêchent en rien la violence des sentiments).

Un été à Bluepoint n’est pas désagréable à lire, au contraire, mais j’ai trouvé que le tout finissait par manquer de rythme et de profondeur. J’ai eu bien souvent envie de secouer Hilly, je n’ai pas  compris l’intérêt de toujours rester dans cette relation « je t’aime moi non plus » avec son père, ça a apporté des longueurs au récit. Quant à la révélation finale (que je n’avais pas vu venir), elle est certes très surprenante mais très frustrante aussi…

Bref un avis en demi-teinte pour ce roman, même si son décor me donnait l’impression d’être dans un tableau d’Edward Hopper…

Stuart NADLER, Un été à Bluepoint, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Bernard Cohen, Le Livre de poche, 2017 (Albin Michel, 2015)