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Quatrième de couverture :

Une enfance palestinienne. Une voix se lève, convoquant la musique, la poésie, la guerre et la résistance. Yuryur aura bientôt dix ans. Née dans un pays de merveilles, bercée par les vagues du golfe Arabo-persique, elle vit à Dubaï une enfance heureuse o se mêlent le sel de la mer et la sauge du thé de Téta Hilweh, sa grand-mère avec qui elle passe les étés au camp de réfugiés dans une Beyrouth que la guerre défigurera.

Dans ce premier roman, Yara El-Ghadban donne la parole à Yuryur, jeune Palestinienne qui est sans doute le double romanesque de son auteure. D’une voix étonnamment mûre pour son âge (bientôt dix ans), Yuryur raconte sa vie à Dubaï où les Palestiniens vivent une « bonne vie » si je puis me permettre cette expression, mais qui reste précaire car les Palestiniens, s’ils peuvent travailler ans problème, n’ont pas de papiers, pas de statut. Les adultes ne veulent pas expliquer en détail leurs difficultés, aussi Yuryur s’est-elle inventé un ami imaginaire, l’Oiseau, qui lui permet de s’évader et de se questionner, de se souvenir et de réfléchir à sa vie d’écolière, à ses amis, à sa famille. L’été, pour échapper à la chaleur torride de Dubaï, la famille retourne chez les grands-parents, à Beyrouth, une ville marquée par la guerre et dont la paix fragile vole en éclat à la fin du roman : Yara El-Ghadban évoque (à hauteur d’enfant) les massacres de Sabrah et Chatila.

Mais le désir de la romancière est de raconter la vie de Palestiniens « ordinaires » en dehors de la guerre. Premiers amours, douceur de vivre, gastronomie, leçons de piano, complicité avec ses tantes, baignades ensoleillées, Yuryur nous raconte cette vie avec bonne humeur et dans une langue poétique et joyeuse à la fois. L’ombre de l’olivier, c’est l’évocation de la Palestine, dont l’olivier est l’emblème, ce sont les ombres sur le symbole de la paix, c’est aussi le très joli premier roman d’une auteure très souriante que j’ai eu la joie de rencontrer lors de la dernière Foire du livre à Bruxelles et que je relirai avec plaisir.

Voilà ce que livre Yara El-Ghadban sur le site de son éditeur Mémoire d’encrier :

« Lorsqu’il est question des Palestiniens, on évoque généralement la guerre, la souffrance, la mort, la violence. Coincé entre l’image de la victime et celle du terroriste, on a du mal à imaginer un Palestinien sourire, rire, rêver, fantasmer, partager un repas tranquille, discuter de musique et de poésie. L’amour et la tendresse, sans angoisse, ni amertume, la famille dans son intimité, mais surtout le bonheur, la magie, le rêve, l’innocence et le deuil de l’enfance qui font partie de l’univers de tout enfant. C’est ce que j’ai voulu écrire. »

(Yara EL GHADBAN, L’ombre de l’olivier, Mémoire d’encrier, 2011

Challenge Petit Bac – Littérature québécoise – Végétal