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Quatrième de couverture :

Une nuit, la banquise se fracture et sépare une jeune fille de sa famille. Uqsuralik se retrouve livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Si elle veut survivre, elle doit avancer à la rencontre d’autres êtres vivants. Commence alors, dans des conditions extrêmes, une errance au sein de l’espace arctique, peuplé d’hommes, d’animaux et de créatures.

Petit lien avec ma lecture précédente (L’ombre de l’olivier), l’arrivée es premières règles bouleverse la vie des deux héroïnes mais dans le cas d’Uqsuralik, c’est une séparation brutale d’avec sa famille et l’obligation de se débrouiller pour survivre. Un temps tentée d’abandonner et de se laisser mourir, la jeune fille va trouver le courage de continuer son chemin sur la banquise et rejoindra une première famille.

Ce roman raconte (du point de vue d’Uqsualik) la vie dans le grand Nord chez les Inuits, une vie qui montre leur formidable capacité d’adaptation à un environnement hostile : la chasse, la pêche, les tâches dévolues aux hommes et aux femmes, les saisons, le froid, la vie en groupe (où la bonté et le sens de l’accueil côtoient la violence et les bas instincts) et aussi le lien aux esprits par l’intermédiaire des chamans. Les superstitions et les rites qui y sont liés  sont très importants dans la vie d’Uqsuralik et de son clan, le jeune femme (dont le nom signifie à la fois Ours et Hermine, orientant doublement sa personnalité) est d’ailleurs très sensible à ces esprits et sera initiée au chamanisme par son deuxième mari. Bérengère Cournut alterne les chapitres du récit avec des chants traditionnels qui marquent les diverses étapes de la vie.

Ce récit n’est pas situé dans l’espace (est-on au Groenland, en Alaska, au Nunavik ?) ni dans le temps : l’épilogue, au soir de la vie d’Uqsuralik, suggère que la vie de la narratrice s’est déroulée à une époque où les changements climatiques et l’intervention des « Blancs » n’interféraient pas encore avec la vie des Inuits, à une époque où le rapport à la nature était encore tout à fait « naturel » si je puis me permettre l’expression.

J’ai aimé ce livre (surtout les trois premières parties)mais ce n’est pas le coup de coeur attendu. Peut-être que trop de chamanisme et de superstition a fini par lasser mon esprit trop rationnel, peut-être que l’hostilité du milieu naturel dans lequel évolue Uqsuralik instaure une distance, peut-être que l’apparente absence d’émotions a été un peu trop forte ? Je ne sais pas trop, mais cela ne m’empêchera pas d’explorer encore l’univers poétique de Bérengère Cournut.

« Nous avons atteint la montagne. L’homme guidait ses chiens entre les monticules, les crevasses. La pente glissait sous leurs pattes comme un saumon bien gras dans la gueule d’un ours. Des larmes de froid coulaient sur mes joues et la lumière s’intensifiait à mesure que nous montions. D’où nous étions, le rivage apparaissait parfaitement blanc. Il étincelait même, plus lumineux que la banquise encore grise par endroits. Au loin, la mer était sombre. Je ne me souvenais pas d’avoir déjà vu l’eau libre en cette saison. Sans doute parce que je ne suis jamais montée si haut dans la montagne en hiver. »

Bérengère COURNUT, De pierre et d’os, Le Tripode, 2019

C’était une lecture commune avec Marilyne. (Merci pour ta patience !)

J’ai eu tellement de mal à me motiver pour écrire mes derniers billets que je vais faire une petite pause de billets de lecture. Mais il y aura toujours de la musique et de la poésie en attendant.